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Gilets jaunes: le syndicat de police Alliance réclame un "fichier" des manifestants violents

Le syndicat de police Alliance veut un «fichier» pour répertorier les manifestants violents.

Le syndicat de police Alliance veut un «fichier» pour répertorier les manifestants violents. - Sameer Al-Doumy - AFP

La huitième journée de mobilisation nationale des gilets jaunes a réuni 50.000 personnes partout en France. Les manifestations ont parfois tourné à l'affrontement avec les forces de l'ordre. En réaction, le syndicat de police Alliance réclame la mise en place d'un fichier répertoriant les manifestants violents.

Les gilets jaunes ont consacré leur huitième journée de rassemblement national, samedi 5 janvier. Et avec elle, son lot de violences. Las d'être pris pour cible, des policiers, par la voix du syndicat Alliance, exigent "plus de fermeté contre ceux qui agressent les forces de l'ordre". Ce dimanche, l'organisation a réitéré sa demande de création d'"un fichier" de manifestants violents. Ceux-ci pourraient ainsi être interdits dans les cortèges, "sur le modèle des interdits de stade".

"Dès lors que les faits sont établis, il faut un mandat de dépôt, que l'individu aille directement en prison à la sortie du jugement avec des peines non aménageables", souhaite Frédéric Lagache, secrétaire général du syndicat Alliance.

"Plus de fermeté"

L'organisation réclame également que la "contravention pour port de cagoule lors d'une manifestation soit transformée en délit". "Lorsqu'on dit qu'il faut faire preuve de fermeté il faut que les intentions soient suivies de faits", estime Frédéric Lagache. 

Samedi soir, Laurent Nunez, le secrétaire d'Etat auprès du ministère de l'Intérieur, avait déjà condamné les attaques à l'encontre des forces de l'ordre et des symboles de la République observées à Paris et en région.

"Certains individus sont venus essentiellement pour casser, avait-il déclaré sur BFMTV. Partout en France, c'est pareil, les rassemblements des gilets jaunes commencent bien et se finissent toujours par des violences impulsées par des séditieux, des factieux."

Affichant une volonté de ne "pas baisser la garde devant le totalitarisme" de certains manifestants, le secrétaire d'Etat avait alors précisé que: "Une réflexion est en cours pour savoir s'il faut durcir les textes pour éviter ce genre de débordements et surtout qu'ils soient punis". Le bras droit de l'Intérieur avait également évoqué la possibilité de mettre en place un "fichier" pour répertorier les casseurs.

"Interdiction de participer à une manifestation"

Mais pour le syndicat Alternative Police CFDT, "la création d'un nouveau fichier administratif des manifestants violents est inutile et contreproductive". 

"Un fichier administratif seul ne servira à rien en dehors d'identifier des individus susceptibles d'être dangereux lors de manifestations mais sans aucune action coercitive possible avant un passage à l'acte", précise le syndicat dans un communiqué publié ce dimanche.

Alternative propose une disposition "plus ferme" et "prise par la justice". "Seule une condamnation d'interdiction de participer à une manifestation, ou de pointer dans un commissariat préalablement à toute participation à un événement 'sensible', apparaît comme la seule solution efficace", selon le communiqué.

Ambre Lepoivre avec AFP