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Vaccin anti-Covid: quelles sont les dernières étapes avant les premières injections en France?

Depuis l'autorisation européenne lundi, jusqu'à la première vaccination dimanche, il reste des étapes à franchir pour le vaccin en France

Depuis l'autorisation européenne lundi, jusqu'à la première vaccination dimanche, il reste des étapes à franchir pour le vaccin en France - JOEL SAGET © 2019 AFP

La campagne de vaccination doit débuter ce dimanche dans "deux ou trois" établissements pour personnes âgées, selon Olivier Véran. Seuls "quelques dizaines de résidents" seront concernés ce jour-là.

Acheminement, contrôles de sûreté, recommandations d'utilisation: maintenant qu'un premier vaccin contre le Covid-19 a été autorisé dans l'Union européenne, que va-t-il se passer en France avant les premières vaccinations dimanche? Voici les dernières étapes à franchir.

• Sur le plan réglementaire

L'autorisation de mise sur le marché accordée lundi par Bruxelles au vaccin développé par l'américain Pfizer et l'allemand BioNTech lui ouvre les portes des 27 pays de l'UE, mais chaque État est maître de ses procédures.

En France, la Haute autorité de santé (HAS) doit rendre ce jeudi, à la veille de Noël, un avis sur ce vaccin, baptisé Comirnaty en référence à la technologie employée (ARN messager, mRNA en anglais). Elle dira s'il "s'intègre dans la stratégie vaccinale telle qu'elle a été recommandée" ou "avec quelles réserves".

L'organisme a déjà diffusé des recommandations générales sur les publics prioritaires et l'organisation de la campagne, mais un avis spécifique doit être rendu pour chaque vaccin, pour tenir compte de leurs caractéristiques (efficacité contre la transmission du virus ou seulement protection contre la maladie, profil de risque, conditions de conservation...).

• Sur le plan de la sûreté sanitaire

Comme pour tous les vaccins, une étape supplémentaire de contrôle est réalisée pour garantir la qualité et la sûreté des doses, qualifiée de "libération de lots".

En parallèle des contrôles effectués par le fabricant lui-même, un laboratoire de contrôle officiel de l'Union européenne va "recevoir des échantillons pour contrôler leur contenu et leur performance. Et si tout va bien, les 'libérer'", explique dans Le Parisien la directrice générale de l'Agence du médicament (ANSM), Christelle Ratignier-Carbonneil.

Pour le vaccin Comirnaty, ces contrôles seront réalisés par le laboratoire de l'institut allemand Paul-Ehrlich, qui délivrera un "certificat" valable "pour tous les pays membres de l'UE", a-t-il indiqué dans un communiqué.

• Sur le plan logistique

L'acheminement du vaccin Pfizer/BioNTech est compliqué par les conditions de conservation de ce produit, qui doit être stocké à "ultra-basse température" (environ -70°C).

La "chaîne logistique (...) est opérationnelle pour démarrer dès la fin de cette semaine la vaccination", a assuré lundi le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

"L'approvisionnement du vaccin pour l'Europe sera assuré par les sites de production de Pfizer en Belgique (Puurs) et de BioNTech en Allemagne. (...) Les doses arriveront par route pour la France hexagonale et par avion pour les territoires d'Outre-Mer", a indiqué le laboratoire américain à l'AFP.

Pour faciliter le transport, les deux fabricants ont conçu un conteneur d'expédition isotherme qui "peut maintenir la température pendant 10 jours sans être ouvert" et "jusqu'à 30 jours" en renouvelant la glace carbonique qui le remplit, précise Pfizer.

"Chaque conteneur contient un capteur thermique GPS qui permet de suivre l'emplacement et la température de chaque envoi de vaccins (...). Une fois décongelé, le flacon de vaccin peut être conservé en toute sécurité pendant 5 jours au maximum dans des conditions de réfrigération (à 2-8°C)", ajoute le laboratoire.

Les doses seront transportées vers "une centaine de sites avec des congélateurs dédiés, qui seront la plupart du temps des sites hospitaliers, à raison d'environ un par département, pour pouvoir vacciner l'ensemble des établissements (pour personnes âgées) qui sont en lien avec ces hôpitaux", a détaillé mardi le ministre de la Santé Olivier Véran.

Il y aura par ailleurs "six plateformes logistiques réparties de façon homogène sur le territoire", des entrepôts "habilités pour le stockage des produits de santé" dont la liste n'est "pas rendue publique à ce stade", précise le ministère de la Santé. Ces plateformes approvisionneront les Ehpad qui se fournissent habituellement auprès de pharmacies hospitalières qui ne seront pas équipées en "super-congélateurs".

• Sur le plan sécuritaire

Dans un document confidentiel envoyé aux Agences régionales de Santé (ARS) et aux préfectures, dévoilé par le JDD et que BFMTV a pu consulter, l'État alerte sur des risques "d'actes de malveillance (dégradations, vols, cyberattaque), des actions émanant de militants activistes anti-vaccin ou des actes terroristes visant des sites".

Une attention toute particulière sera apportée à la sécurité des convois transportant les précieuses doses, a également confirmé le ministère de la Santé à l'AFP, évoquant un suivi "étroit" par les forces de l'ordre. Les camions transportants les vaccins seront escortés par des drônes et des voitures banalisées. Les trajets de ces derniers auront été transmis au préalable aux ARS et aux préfets et devront se faire dans la mesure du possible sans arrêt, en évitant les lieux d'affluence.

Les sites de stockage sont ainsi appelés à renforcer leurs dispositifs anti-intrusion, à vérifier leurs matériels de vidéo-protection et à instaurer des contrôles renforcés aux entrées et sorties. Des systèmes de secours d'électricité doivent aussi être instaurés dans tous les sites, pour maintenir la température des conteneurs de stockage à -70°C, même en cas de panne ou d'attaque.

• Sur le plan médical

La première campagne de vaccination contre le Covid-19 débutera dimanche en France dans "deux ou trois" établissements pour personnes âgées et concernera "quelques dizaines de résidents", a annoncé mardi le ministre de la Santé, Olivier Véran.

Un de ces établissements sera l'unité de soins de longue durée de l'hôpital René-Muret de Sevran (Seine-Saint-Denis), a indiqué l'AP-HP, confirmant une information du Monde. Le journal évoque aussi le centre gériatrique du centre hospitalier universitaire (CHU) de Dijon comme possible lieu de vaccination dimanche, mais ni le ministère de la Santé ni l'agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté n'ont pour l'heure confirmé à l'AFP cette information.

La porte-parole du Synerpa, syndicat des maisons de retraite privées, avait indiqué quelques heures auparavant que les premières injections se dérouleraient dans "quelques établissements volontaires", des "unités de soins de longue durée d'Ile-de-France, des établissements publics hospitaliers et peut-être quelques établissements privés".

Les établissements devront avoir recueilli le consentement des patients ou de leur entourage et organisé une consultation médicale pré-vaccinale. Une étape délicate, sachant qu'en Ehpad, six résidents sur 10 sont atteints de troubles cognitifs.

M.D. avec AFP