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Transport, injections: le protocole des vaccinations en Ehpad dévoilé

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Photo d'illustration - Joël Saget

Les autorités sanitaires ont expédié un guide détaillé de 44 pages à l'attention des directeurs d'Ehpad afin de les éclairer quant à la conduite à observer dans la campagne de vaccination qui débute ce dimanche. BFMTV en dévoile les grandes lignes.

La campagne de vaccination anti-Covid-19 dans les Ehpad, dont les résidents mais aussi les personnels apparaissent comme des publics prioritaires, débute ce dimanche. La nature du vaccin Pfizer et la vulnérabilité des seniors poussent les autorités à édicter un ensemble de règles marquées du signe de la prudence.

BFMTV a pu se procurer le guide de 44 pages envoyé aux directeurs de ces établissements pour personnes âgées afin de leur indiquer la marche des événements, depuis le transport des doses jusqu'à leur administration et aux éventuels effets secondaires, en passant par la conservation des produits.

• Des livraisons en trois temps

Si la campagne doit donc être inaugurée ce dimanche, elle ne décollera vraiment qu'à partir de la mi-janvier. C'est en effet à cet horizon que les Ehpad recevront les premières doses, dont le nombre aura été déterminé par un cycle de consultations pré-vaccinales.

Les livraisons se feront en trois temps. D'abord, les établissements réceptionneront les premières doses, en conformité avec leurs propres estimations. Trois semaines plus tard, ils mettront la main sur les solutions prévues pour l'injection de rappel, ainsi que quelques lots supplémentaires de première injection. Plus tard, on leur enverra encore les secondes doses à destination des patients s'étant fait vacciner avec ces lots supplémentaires.

• La conservation: une question de températures

Les conditions de conservation et de transport du vaccin Pfizer constituent un enjeu crucial. Il doit tout d'abord être maintenu à une température de -80°C. Ensuite, il sera acheminé dans un conteneur intact - le déplacement ne devant pas excéder 12 heures - vers les lieux de vaccination, sous une température toujours basse, mais cette fois positive: entre 2°C et 8°C. Le produit peut supporter ce mercure pendant cinq jours. Enfin, il sera soumis à température ambiante pendant six heures: soit jusqu'à 25°C.

Le vaccin doit pouvoir être tracé tout au long du trajet. Sur place, on préconise qu'il soit enfermé dans une "enceinte réfrigérante conditionnée" ou dans une mallette réfrigérante entre 2 et 8°C. Là encore, la date butoir est fixée à cinq jours et ne peut être reculée. Le vaccin sera placé "dans un lieu inaccessible au public et/ou sécurisé et munis d'un thermomètre associé, si possible, à un système de traçabilité et d’enregistrement des températures", précise le guide.

Le personnel est appelé à vérifier les températures trois fois par jour. L'acheminement, comme les doses elles-mêmes et les équipements annexes seront entièrement financés par l'Etat et rien ne sera à la charge des maisons de retraite.

• Des consultations et des consentements

Cinq jours au plus tard avant le début de la vaccination, les établissements procéderont à des consultations médicales. Les médecins traitants ou coordinateurs les conduiront. Le moment est déterminant pour la fixation du nombre des doses. Il s'agit aussi de l'étape du recueil du consentement des résidents. Le médecin précisera d'ailleurs les modalités de l'expression de ce consentement dans le dossier médical de l'intéressé.

De surcroît, il dira si le patient a pu formuler lui-même son souhait ou si un représentant légal, un membre de la famille s'est substitué à lui dans le cas où il serait trop diminué. Le médecin reportera encore ce choix sur le système d'information "Vaccin Covid" qui sera mis en place à partir du 4 janvier.

• Les médecins pourront procéder à l'injection depuis la chambre

Quant à l'injection elle-même, on pourra l'administrer directement dans la chambre du résident. Si l'établissement a besoin de faire appel à des renforts pour mener à bien l'ensemble des inoculations, il pourra solliciter des infirmières libérales ou des infirmiers, des médecins libéraux, ceux des Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), les réservistes de la réserve sanitaire, les équipes mobiles des centres de vaccination.

Le résident devra rester sous surveillance médicale pendant les quinze minutes suivant l'injection. 21 jours plus tard, il en passera encore par sa piqûre de rappel. De nouvelles consultations médicales pourront alors être organisées si besoin, notamment si des effets secondaires venaient à se déclarer chez certains patients.

Margaux de Frouville avec Robin Verner