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Toutes ces fois où un confinement local a été envisagé en France métropolitaine

Régulièrement depuis un an, des reconfinements locaux en France métropolitaine sont proposés. L'idée a toujours été, au final, écartée, mais cette mesure pourrait cette fois bien être mise en place dans les Alpes-Maritimes.

Le ministre de la Santé Olivier Véran a demandé ce samedi au préfet et aux élus des Alpes-Maritimes de prendre d'ici à dimanche soir des "mesures complémentaires", face à la flambée du Covid-19 dans le département. "Ça pourrait prendre la forme d'une accentuation du couvre-feu, voire d'un confinement partiel ou total", a déclaré le ministre. Si des départements d'Outre-Mer comme Mayotte et la Guyane, et plusieurs pays étrangers, ont déjà mis en place des confinements localisés, cela n'a jamais eu cours en France métropolitaine.

"On ne s'interdit pas des mesures plus territorialisées. Jusqu'à présent, on considérait que ce n'était pas le niveau le plus pertinent", explique une source gouvernementale à BFMTV ce samedi. "Il faut prendre les décisions qui s'imposent selon les circonstances, selon les faits."

Jamais mis en place en France Métropolitaine

Jamais mis en place, les confinements locaux ont déjà à plusieurs reprises été suggérés en 2020, quand l'épidémie ressurgissait dans certaines régions françaises. En juillet, alors que des clusters avaient été identifiés en Mayenne, le Premier ministre Jean Castex avait évoqué l'idée sur BFMTV / RMC: "On ne va pas faire un éventuel reconfinement comme nous avions fait celui du mois de mars", avait-il déclaré, "nous allons cibler".

En août, le Premier ministre avait de nouveau déclaré que le gouvernement envisageait des reconfinements localisés dans les régions particulièrement touchées par l'épidémie, et "qui, nous l’espérons, seront temporaires". "Gouverner, c'est savoir s’adapter, être pragmatique", avait-il ajouté. Cette éventualité avait été remise sur la table en octobre, avant le confinement national de novembre.

Jusque-là, c'est le renforcement ciblé des mesures en place qui a été préféré au reconfinement local. Le port du masque avait par exemple été imposé à Marseille fin août, et début janvier 15 départements, où le virus circulait particulièrement, avaient dû avancer leur couvre-feu à 18h, avant que cela finisse par être étendu à toute la France.

En Moselle, département qui connaît aussi une flambée du Covid, Olivier Véran a par exemple évoqué mi-février la possibilité d'un confinement local ou de la fermeture des écoles, une décision soumise à la concertation avec les élus locaux. Pour l'instant, le préfet a simplement décidé d'augmenter les contrôles d'application des mesures sanitaires et le nombre de tests réalisés.

Une mesure réclamée à plusieurs reprises

Le reconfinement ciblé a pourtant plusieurs fois été réclamé par des scientifiques comme des élus locaux. "Il faut un vrai confinement, qui soit limité dans l'espace et dans le temps", déclarait mi-février sur BFMTV François Grodidier, maire Les Républicains de Metz (Moselle). Avant lui, le maire socialiste de Nancy (Meurthe-et-Moselle), avait déjà demandé un reconfinement, alors que le nombre de cas grimpait dans sa ville: "Je pense que la perspective du reconfinement est une perspective aujourd'hui inéluctable", déclarait Mathieu Klein sur France Info fin décembre.

De son côté, le Conseil Scientifique a, à plusieurs reprises, recommandé cette mesure. "Un 'confinement local' plus ou moins important en fonction de l’épidémie doit faire l'objet d'une préparation", dans les 20 grandes métropoles françaises, écrivait-il en juillet. Mi-janvier, il préconisait "un confinement dans certaines régions ou métropoles plus à risque avec une restriction des déplacements inter-régionaux".

Aura-t-il lieu cette fois-ci dans les Alpes-Maritimes? Le maire Les Républicains de Nice Christian Estrosi s'est dit favorable à cette idée. "Si nous devions aller à un confinement partiel ou un peu plus important dans les jours qui viennent en fonction de l'évolution de l'épidémie, je les soutiendrais de la même manière, par exemple un confinement à l'occasion de chaque week-end", a-t-il déclaré.
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV