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Covid-19: le conseil scientifique recommandait un confinement, au moins dans certaines régions

Jean Castex, lors d'une conférence de presse à Paris le 14 janvier 2021

Jean Castex, lors d'une conférence de presse à Paris le 14 janvier 2021 - THOMAS COEX © 2019 AFP

Dans son avis daté du 13 janvier, le Conseil Scientique préconisait un couvre-feu généralisé à 18h, mais aussi "un confinement dans les régions ou métropoles à risque, ou un confinement aménagé".

Le gouvernement a annoncé jeudi soir l'extension du couvre-feu à 18 heures sur tout le territoire français dès samedi. Cette mesure, qui déjà peut sembler lourde, est en fait le scénario le plus léger qu'avait envisagé le Conseil Scientifique. Dans son avis de mardi dernier, soit le 13 janvier, obtenu par BFMTV, et intitulé "Entre vaccins et variants: une course contre la montre", il recommandait, en plus du couvre-feu à 18 heures, un confinement national, ou au moins local, et la limitation des déplacements inter-régionaux.

"À l'heure où je vous parle, la situation sanitaire n'exige pas que nous mettions en place un nouveau confinement", a expliqué le Premier ministre Jean Castex jeudi soir, ajoutant que l'exécutif n'excluait pas cette possibilité en cas de "dégradation épidémique forte".

Un confinement léger et des restrictions de déplacement

Dans son avis rendu, le Conseil Scientifique imagine quatre scénarios, du plus léger au plus dur, pour endiguer l'épidémie de Covid-19 en France. Le premier est celui choisi par le gouvernement: installer un couvre-feu national généralisé à partir de 18h.

Le deuxième ajoute au couvre-feu "un confinement dans certaines régions ou métropoles plus à risque avec une restriction des déplacements inter-régionaux". Le troisième propose un "confinement aménagé du même type que celui mis en place fin octobre", le quatrième, et le plus dur, un "confinement strict proche de celui mis en place en mars" 2020.

Soulignant que la décision "doit tenir compte d’autres enjeux que sanitaires, en particulier économiques et sociétaux", le Conseil Scientifique écrit qu'il préconise les scénarios 2 et 3, "c’est-à-dire la mise en place d’un couvre-feu généralisé à partir de 18 heures, associé ou non, à un confinement dans les régions ou métropoles à risque, ou un confinement aménagé". Et quel que soit le scénario choisi, il conseille "la mise en place d'une limitation des déplacements inter-régionaux et insiste sur la nécessité d’une large utilisation du télétravail".

Si le télétravail reste encore recommandé quand il est possible, le reconfinement a été écarté lors du point hebdomadaire, et les déplacements inter-régionaux peu ou pas évoqués. Interrogé sur les prochaines vacances scolaires, Jean Castex a déclaré jeudi soir qu'il était "trop tôt pour dire si on va limiter les déplacements pour les vacances de février", mais "ne recommande pas d’annuler les réservations, nous nous adapterons en fonction des circonstances".

Auto-confinement, écoles ouvertes et contrôles aux frontières

Outre ces grandes lignes le Conseil Scientifique préconise que les personnes les plus âgées et celles à risque face au coronavirus n'étant pas vaccinées, se confinent d'elle-même, pour éviter d'être contaminées.

Sur le sujet des écoles et universités, les recommandations du Conseil sont sur la même ligne que celles annoncées par le gouvernement. Le Conseil "considère que les écoles, collèges et lycées ne doivent pas être fermés en l'absence de données nouvelles qui justifieraient cette mesure" et que les universités peuvent "envisager une reprise partielle du présentiel", ce qui a été évoqué jeudi soir. Une politique de tests va également être menée pour pouvoir détecter de potentiels cas de Covid-19 et de ses variants dans les écoles.

Afin d'éviter que les variants continuent de se propager en France, il conseille aussi "des restrictions aux frontières avec le Royaume-Uni et l'Irlande, si possible dans le cadre d’une décision européenne concertée, ainsi qu’avec l’Afrique du Sud". "Nous allons durcir fortement les conditions d'entrée en France, et renforcer les contrôles aux frontières", a déclaré Jean Castex jeudi soir. Tous les voyageurs en provenance de pays hors de l'Union Européenne devront ainsi présenter un test négatif et s'isoler pendant sept jours.

Enfin, comme répété depuis un an, et rappelé depuis l'arrivée du vaccin, le respect des gestes barrières doit continuer, au moins le temps d'atteindre une immunité collective grâce à la vaccination.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV