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Un million de tests par mois dans les écoles: comment ça marche?

Les écoles restent ouvertes mais avec un défi de taille pour les autorités: tester un million d'élèves et enseignants chaque mois afin de freiner la propagation du virus et de son variant britannique.

La propagation du variant britannique est surveillée de très près dans les écoles. S'il ne semble pas provoquer d'infections plus graves chez les enfants, selon les premières observations, il "paraît plus contagieux", a confirmé jeudi Olivier Véran. Pour y faire face, le gouvernement veut tester massivement, y compris les plus petits qui subiront l'épreuve de l'écouvillon dans le nez dès 6 ans.

"Nous avons monté un protocole qui vise à dépister jusqu'à un million d'enfants et d'enseignants par mois, ce qui est énorme. En descendant le dépistage jusqu'à l'âge de 6 ans, partout là où ça fait sens", a annoncé jeudi le ministre de la Santé lors d'un déplacement à Metz.

Certains parents redoutent cet exercice qu'ils jugent "un peu traumatisant" pour les plus petits, remarque Hélène au micro de BFMTV. D'autres relativisent: "Dans le cadre de l'école, ça passe mieux que si c'est moi qui dois l'emmener (se faire tester, NDLR) parce que moi j'ai peur de ça."

"C'est bien plus pratique"

Les plus grands peuvent déjà bénéficier de ces dépistages en milieu scolaire dans certains établissements pilotes, comme à Marly-le-Roy, dans les Yvelines.

"Au lycée il y a quand même énormément de risques que je puisse attraper le Covid. Et en plus c'est bien plus pratique de le faire au lycée que dans les hôpitaux où il faut faire la queue", salue Clarence, lycéen.

Comme lui, 200 élèves se sont inscrits sur les 800 que compte l'établissement. "Tout élève ayant des symptômes n'est pas accepté au sein de l'établissement. Du coup, les seuls résultats qu'on pourrait avoir de positifs sont sur des personnes asymptomatiques", souligne sur BFMTV Lucille Guillo, infirmière scolaire.

Cette campagne, proposée à la fois aux élèves, à leurs professeurs et au personnel, a été déployée fin novembre dans plusieurs lycées de ce département de la banlieue parisienne.

"Cela nous permet d'évaluer la circulation du virus dans les lycées, sur cette tranche d'âge, car nous disposons encore de peu d'études à ce sujet", expliquait alors au Parisien Marion Cinalli, directrice déléguée de l'Agence régionale de santé (ARS) dans les Yvelines.

Détecter le variant britannique

Le 11 janvier, l'académie de Grenoble a, elle aussi, lancé une campagne de dépistage dans cinq départements, adressée uniquement au personnel de l'Education nationale pour "compléter le dispositif de suivi sanitaire déjà déployé au sein des écoles, des établissements et des services", souligne la rectrice, Hélène Insel, citée par Le Dauphiné Libéré.

Face à la généralisation de cette opération annoncée par le gouvernement, les syndicats d'enseignants attendent de connaître les modalités précises de ce nouveau protocole de tests.

"Quels sont les éléments déclencheurs pour que le protocole puisse être activé? Quels sont les lieux? Quelles sont les différentes étapes à assumer? Quels sont les acteurs?", interroge sur notre antenne Elizabeth Allain-Moreno, secrétaire nationale SE-UNSA, professeure des écoles dans l'Hérault.

A ces questions, le ministère de l'Education nationale répond sur son site internet que "ces tests seront réalisés par des personnels de santé volontaires du ministère de l’Éducation nationale, médecins et infirmiers scolaires et de prévention. Des renforts pourront être mobilisés localement pour intervenir en appui des personnels du ministère de l’Éducation nationale, notamment les sapeurs-pompiers ainsi que les membres des associations agréées de sécurité civile".

Si les résultats de ces tests montrent une augmentation de la part du variant britannique chez les enfants, la fermeture des écoles pourrait à nouveau être envisagée. Une piste que le gouvernement veut absolument éviter.

Ambre Lepoivre Journaliste BFMTV