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Coronavirus: Nouvelle-Aquitaine, Mayenne, Marseille... Ces zones qui inquiètent les autorités sanitaires

Image d'illustration, personnes portant des masques

Image d'illustration, personnes portant des masques - AFP

La circulation du coronavirus "tend à progresser" en France, selon le dernier point hebdomadaire de Santé publique France. Plusieurs villes, départements et régions inquiètent les autorités sanitaires.

Il faut rester "particulièrement vigilants et actifs contre le virus". C'est le message qu'a souhaité faire passer le ministre de la Santé Olivier Véran, ce jeudi matin, sur France Inter. Car malgré la période estivale propice au relachement, "la circulation du virus tend à progresser" selon le point hebdomaire de Santé publique France.

Trois départements ont été placés en situation de vulnérabilité élevée (Guyane, Mayotte et Mayenne) et un en situation de vulnérabilité modérée (Gironde). Outre la Guyane et Mayotte, où l'état d'urgence sanitaire a été prolongé jusqu'au 30 octobre, plusieurs zones inquiètent particulièrement les autorités.

· Une "évolution inquiétante" du Covid-19 en Nouvelle Aquitaine

Si le département de la Gironde est donc en situation de vulnérabilité modérée, c'est l'ensemble de la région Nouvelle-Aquitaine, jusqu'ici épargnée par le virus, qui est observée par les autorités sanitaires. La propagation du Covid-19 y marque "une évolution inquiétante", selon l'Agence régionale de Santé (ARS), qui a appelé la population "à se ressaisir et à appliquer rigoureusement les gestes barrières".

Dans un communiqué diffusé le 15 juillet, l'ARS Nouvelle-Aquitaine a recensé 10 clusters, alors que son précédent point de situation, vendredi, n'en comptabilisait que trois dans cette région. Sur ces dix foyers, un seul se trouve dans un Ehpad, en Dordogne. Six, notamment à Bordeaux, Brive ou Châtellerault, sont liés à des "événements privés" comme des fêtes ou des mariages, et deux dans la Vienne sont issus d'un "réseau familial élargi".

Ces cas sont dus au "manque d'application des gestes barrières", a souligné l'ARS, relevant que "la saison propice aux retrouvailles familiales et aux festivités diverses présente un contexte favorable à une reprise active de la circulation du virus en Nouvelle-Aquitaine, région, de surcroît, très touristique".

· La Mayenne dépasse le seuil d'alerte

La Mayenne a dépassé légèrement le seuil d'alerte avec 50,1 nouveaux cas pour 100.000 habitants détectés en sept jours. Le taux de reproduction (R) y est aux alentours de 1,50 contre environ 1,20 au niveau national, a souligné ce jeudi, lors d'une conférence de presse Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l'Agence régionale de santé des Pays de la Loire.

Mais selon lui "il n'y a pas de fatalité et il n'y a pas de raison pour que la Mayenne n'ait pas des indicateurs qui ne baissent pas".

Un plan de dépistage massif de toute la population âgée de plus de 10 ans, soit environ 300.000 personnes, a été lancé en début de semaine dans ce département, avec un rythme de près de 1200 tests par jour. "En trois jours nous avons réalisé 3600 tests", a confirmé ce jeudi soir sur notre antenne le préfet de Mayenne Jean-Francis Tressel. Plusieurs clusters ont été identifiés ces dernières semaines en Mayenne, avec à chaque fois des plans de dépistage ciblés.

"Il faut tester. En Mayenne on a mis en place quatre centres de dépistage où chacun peut se rendre gratuitement et sans rendez-vous. Il faut tracer, il faut isoler et il faut prévenir", a-t-il ajouté, précisant avoir de ce fait rendu obligatoire le port du masque dans les espaces publics clos.

Il s'agit désormais du premier département métropolitain à être classé en "situation de vulnérabilité élevée" depuis le déconfinement.

· Des "signaux faibles" dans les hôpitaux parisiens

Ce jeudi, le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué que des "signaux faibles de reprise épidémique" ont été observés dans des hôpitaux parisiens.

"Il y a des indicateurs comme les reprises d'appels à SOS Médecins, au SAMU, le nombre d'admissions à l'hôpital", a énuméré le ministre de la Santé.

Face à ce regain épidémique, l'accès aux tests de dépistage a été facilité, a assuré Olivier Véran. Il a affirmé avoir fait envoyer "1,5 million d'ordonnances de diagnostic" dans la région Ile-de-France, et autorisé les techniciens de laboratoires à réaliser des prélèvements pour faire face à la hausse des demandes.

· Des médecins alertent sur une recrudescence du nombre de cas à Marseille

Si, selon le dernier point de situation de l'ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur, les indicateurs épidémiologiques de circulation du virus sont en baisse dans la région, plusieurs médecins marseillais alertent sur une recrudescence du nombre de cas dans la ville.

Annie Levy-Mozziconacci, médecin généticienne à l’hôpital Nord de Marseille a expliqué mercredi sur BFMTV qu’elle constatait "un petit frémissement de l’augmentation des cas sur l’ensemble du territoire marseillais".

Et les graphiques de l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU Méditerranée), publiés le 11 juillet, montrent effectivement une légère hausse du nombre de personnes testées positives à partir du 12 juillet.

Dans la région, les hospitalisations sont en baisse (-14), les réanimations au même stade (24) mais le nombre de personnes testées positives en hausse (+244), par rapport au dernier bilan de l'ARS Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Quatorze clusters ont également été détectés dans le département des Bouches-du-Rhône, d’après La Provence.

Clément Boutin avec AFP