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À Marseille, des médecins s'inquiètent d'une hausse des cas de Covid-19

Des médecins marseillais alertent sur une recrudescence du nombre de personnes contaminées au coronavirus dans la cité phocéenne. Ils craignent une "catastrophe sanitaire” en août.

Comme la Mayenne, la Gironde ou la Guyane, le département des Bouches-du-Rhône va-t-il bientôt basculer en "vulnérabilité modérée" face au coronavirus ? Un collectif de médecins marseillais alerte sur une recrudescence du nombre de cas dans la ville et demande aux autorités de prendre rapidement des mesures de protection.

14 clusters

Annie Levy-Mozziconacci, médecin généticienne à l’hôpital Nord de Marseille explique à BFMTV qu’elle constate "un petit frémissement de l’augmentation des cas sur l’ensemble du territoire marseillais". Les derniers chiffres disponibles de l’Agence Régional de Santé de Provence-Alpes-Côte d'Azur remontent au 15 juillet et ne témoignent donc pour l’instant pas d’une hausse du nombre de cas.

À cette date, les Bouches-du-Rhône comptabilisaient 327 hospitalisations, dont 18 en réanimation pour une contamination au Covid-19: un chiffre en baisse par rapport aux semaines précédentes, et qui semble continuer à baisser. Mais des graphiques de l’IHU Méditerranée Infection publiés le 11 juillet montrent effectivement une légère hausse du nombre de personnes testées positives à partir du 12 juillet.

Autre signe inquiétant, 14 clusters ont été détectés dans le département, d’après La Provence.

"Quelque chose d'inquiétant se passe"

"Même si nous ne sommes pas particulièrement inquiets, nous avons quand même souhaité tirer la sonnette d’alarme pour plus de vigilance, car si on ne fait rien, compte-tenu de la période estivale, on peut se retrouver en plein mois d’août avec, même si nous ne l’espérons pas, une catastrophe sanitaire", prévient Annie Levy-Mozziconacci. "Quelque chose d'inquiétant se passe", poursuit dans La Provence sa consœur, Laurence Maulin, infectiologue au CHU d'Aix-en-Provence.

Les nouveaux malades n’ont pas de profil particulier mais la praticienne marseillaise pointe notamment du doigt le manque de contrôles aux aéroports et aux ports pour cette station touristique:

"Nous voyons que dans les aéroports, les gares maritimes, aucun contrôle ne se fait notamment des gens venant de zones rouges", s’inquiète-t-elle.

Brigades sanitaires et cellule de crise

Annie Levy-Mozziconacci appelle les autorités à "mettre en place des besoins financiers" pour créer des "brigades sanitaires qui pourraient avoir un rôle crucial au niveau des plages, des espaces publics, des centres commerciaux, aider les agents de la régie des transports publics à faire respecter les gestes barrières".

Une politique de prévention qui passe également par l'instauration d’une cellule de crise de coordination au niveau de la mairie, juge la praticienne. L’annonce d’une obligation du port du masque dans les lieux publics clos à partir du 1er août ne suffit pas à rassurer le personnel médical marseillais.

"Pourquoi attendre le 1er août? Il faut donner la responsabilité aux villes, aux ARS d’avoir la décision sur le moment de mettre en place cette proposition. Plus de souplesse, plus de spécificité locale me paraît être adaptée à la situation", tranche la médecin généticienne.
Esther Paolini Journaliste BFMTV