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"Oui je me ferai vacciner": le Pr Eric Caumes rétropédale sur le vaccin Pfizer/BioNTech

L'infectiologue avait déclenché de nombreuses réactions après avoir exprimé ses réticences concernant le vaccin Pfizer/BioNTech. "J'ai été prudent parce que je n'avais pas de data", rappelle-t-il.

L'infectiologue Eric Caumes a fait savoir la semaine dernière dans plusieurs médias qu'il était réticent au vaccin Pfizer/BioNTech, car il n'avait pas eu accès au dossier complet des essais cliniques, mais aussi car il n'avait "jamais vu" une fréquence d'effets indésirables "aussi élevée".

Mais le chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (Paris) est revenu sur ses propos ce lundi sur BFMTV-RMC, assurant plusieurs fois qu'il se ferait "vacciner sans problème".

Il avait expliqué sur France Inter mardi dernier qu'il était difficile pour lui de faire "une confiance aveugle et absolue" à des "communiqués de presse des laboratoires pharmaceutiques", sans avoir en main les données complètes de l'étude concernant le vaccin Pfizer/BioNTech. En ce sens, il avait émi des réticences à se faire vacciner par ce produit en particulier.

"Oui je me ferai vacciner"

"J'ai été prudent parce que je n'avais pas de data", explique-t-il ce lundi sur BFMTV-RMC. "Quand on m'a interrogé mardi matin, on m'a demandé si je me ferais vacciner, et j'ai dit que pour l'instant je ne pouvais même pas donner un avis éclairé aux personnes que j'étais susceptible de vacciner, en termes d'efficacité comme en termes de tolérance, parce qu'il n'y avait pas de données scientifiques".

Entre temps, les résultats complets des essais cliniques du vaccin américano-allemand Pfizer-BioNTech, ont été publiés jeudi dans le New England Journal of Medicine, la revue médicale la plus cotée aux États-Unis. Des données qui semblent avoir rassuré l'infectiologue sur les performances du produit.

"L'efficacité on la connaissait il n'y a aucune raison qu'elle soit remise en cause, c'est un vaccin très efficace", déclare l'infectiologue, précisant qu'on "ne sait pas combien de temps ça va durer par contre". Le recul sur le vaccin est en effet pour le moment trop faible pour se rendre compte de son immunité dans le temps.

Mais malgré cela, "oui je me ferai vacciner", a déclaré Éric Caumes sans ambage sur BFMTV-RMC. Le vaccin Pfizer/BioNTech a été le premier contre le Covid-19 autorisé dans le monde, d'abord au Royaume-Uni, puis depuis ce week-end au Mexique et aux États-Unis.

"Plus de 50% de maux de tête, de fatigue"

L'infectiologue pointe tout de même encore du doigt les effets secondaires indésirables du vaccin Pfizer BioNTech "pas graves mais fréquents". "Plus de 50% de maux de tête, de fatigue... Même dans la discussion de l'article il est dit que l'asthénie sévère (fatigue sévère) par exemple, c'est 4%, beaucoup plus fréquent qu'avec les autres vaccins", déclare-t-il.

Mais il explique immédiatement que "le jeu en vaut la chandelle, et pour des personnes à risque de formes graves, il n'y a pas photo il faudra se vacciner". Les campagnes de vaccination en France, pourraient commencer dès janvier, et cibleront d'abord les personnes les plus fragiles face au Covid-19.

Eric Caumes souligne également que les vaccins utilisant la méthode ARN Messager - comme c'est le cas de Pfizer/BioNTech -, même s'ils existent depuis dix ans, "n'ont jamais passé le cap de la commercialisation, donc c'est la première fois qu'on va commercialiser un vaccin à base d'ARN Messager à très grande échelle. Je pense qu'il faudra être prudent".

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV