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Covid-19: la Haute autorité de santé recommande de vacciner en priorité les résidents des Ehpad

Les premiers vaccins pourraient être disponibles en France d'ici la fin du mois de décembre, mais toute la population française ne se fera pas vacciner tout de suite.

Alors qu'Emmanuel Macron a annoncé que les premières vaccinations seraient possibles en France fin décembre ou début janvier, la Haute autorité de santé a publié ses conclusions ce lundi matin, recommandant de vacciner en priorité les personnes avec un "risque individuel de développer une forme grave de la maladie" et celles présentant une "exposition accrue au virus".

Pour cette future campagne vaccinale, l'autorité sanitaire définit "cinq phases progressives" avec une ligne directrice: "protéger en priorité les plus vulnérables et ceux qui s'en occupent", a expliqué sa présidente Dominique Le Guludec au cours d'un point presse en ligne.

L'objectif de cette liste de prioritaires est de "réduire les hospitalisations et les décès et maintenir les activités essentielles du pays, particulièrement celles du système de santé pendant l’épidémie", explique le rapport.

· Phase 1: les Ehpad et leurs personnels

Même si plusieurs centaines de millions de doses de vaccins ont été réservées par l'Europe, les premières livraisons ne pourront pas permettre de vacciner tout un pays. Les résidents des Ehpad (établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes) sont pour la HAS la première cible à vacciner.

"Représentant un tiers des décès, ce sont les premières victimes de la maladie depuis le début de l’épidémie", explique l'organisme dans un communiqué.
Avec eux, les professionnels du secteur de la santé seront les premiers à recevoir une dose de vaccin, "en ciblant prioritairement ceux qui sont amenés à être en contact prolongé et régulier avec des personnes susceptibles d’être infectées par le Sars-Cov-2", ou qui présentent un risque de forme grave, note la HAS. "Il s’agit ainsi des professionnels des EHPAD et des unités de soins de longue durée (USLD)".

· Phase 2: les personnes âgées de plus de 65 ans

"Dès lors qu’un nombre plus important de doses sera disponible", la HAS conseille de viser les personnes à risque en fonction de leur âge en commençant par celles ayant plus de 75 ans, "puis les personnes de 65 à 74 ans ayant une comorbidité, puis les autres personnes de 65-74 ans".

La vaccination du personnel de santé devra se poursuivre autant que possible, en priorisant les personnes de plus de 50 ans ou celles présentant une comobordité, "quel que soit leur mode/lieu d’exercice".

· Phase 3: les personnes souffrant d'une comobordité

Dans cette troisième phase de vaccination - nécessitant toujours un apport suffisant en vaccins - la HAS planifie la vaccination de toutes les personnes "à risque de forme grave du fait de leurs comorbidités".

D'autre part, si les professionnels de santé ont tous eu accès à la vaccination à ce stade, il sera possible de vacciner, "des professionnels issus des secteurs indispensables au fonctionnement du pays", comme l'Éducation. Ces secteurs seront à déterminer par le gouvernement lui-même.

· Phase 4: les personnes fortement exposées au virus

Les plus à risque ayant, noramlement, reçu un vaccin à cette étape, il s'agit d'immuniser les personnes fortement exposées au virus qui ne l'ont jusque là pas été, "car moins de 50 ans et sans comorbidité".

Cela concerne "notamment les professionnels dont l’environnement de travail favorise une infection (contacts réguliers du public, milieu clos...) ou les personnes vulnérables ou précaires ayant un pronostic moins favorable en cas d’infection par la Covid-19 (résident en hôpital psychiatrique, sans domicile fixe, détenus...)", écrit la HAS.

· Phase 5: les personnes majeures sans comorbidité

La majorité des personnes à risque ou exposées ayant été vaccinées à ce stade, c'est à la population générale que seront destinées les possibles doses supplémentaires, désignée dans le rapport par les "personnes de plus de 18 ans et sans comorbidité".

La mise en circulation de ce vaccin va être suivie de près afin d'observer de possibles effets secondaires non connus. Ainsi, la HAS se réserve la possibilité de faire évoluer ses recommandations "dès lors que de nouvelles données seront disponibles notamment sur l'immunogénicité et l'efficacité des vaccins".

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV