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Covid-19: quand le Conseil scientifique recommandait un reconfinement national début février

Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique créé autour d'Emmanuel Macron.

Jean-François Delfraissy, président du conseil scientifique créé autour d'Emmanuel Macron. - LUDOVIC MARIN / AFP

Dans une note d'éclairage rendue aux autorités fin janvier et publiée ce jeudi, le Conseil scientifique plaidait pour un confinement "précoce" de quatre semaines.

Des recommandations que le gouvernement a choisi de ne pas suivre. Le Conseil scientifique a rendu public ce jeudi une note d'éclairage émise le 29 janvier dernier où est notamment évoqué le variant britannique également appelé variant of concern "VOC" (variant préoccupant, ndlr).

Dans cette note, le Conseil note que le Royaume-Uni, l'Irlande et le Portugal - pays confrontés au variant plus contagieux que le Covid classique - n'ont eu d'autres choix que de recourir à un confinement strict.

"Gagner du temps à un moment critique"

Si une telle mesure n'est pas adoptée dès le début du mois de février en France, le Conseil scientifique prévoyait une augmentation "rapide et importante" du nombre de cas et des hospitalisations "si les mesures actuellement mises en oeuvre ne sont pas renforcées". Un constat dressé deux semaines seulement après l'instauration du couvre-feu à 18h généralisé sur tout le territoire.

Alors que les variants britannique, sud-africain et brésilien étaient à l'époque encore peu répandus au sein de la population, le Conseil scientifique plaidait déjà pour un confinement précoce afin de "gagner du temps à un moment critique".

Pour cela, le Conseil scientifique préconisait d'avoir recours à un confinement "strict" d'une durée de quatre semaines dès le début du mois de février afin de ramener la circulation du virus autour de l'objectif des 5000 contaminations journalières.

Permettre de finir la vaccination dans les Ehpad

Cette mesure sanitaire aurait permis de "ralentir la pénétration du variant anglais et du variant sud-africain", selon le Conseil scientifique. Toutefois, elle n'aurait pas permis "d'éviter une reprise de la circulation du virus avec le variant anglais du mois de mars. Cette reprise peut être ralentie par une stratégie très stricte de 'Tester-Tracer-soler'".

Le Conseil estime, dans cet avis, que la durée ce confinement aurait été l'occasion de développer une nouvelle façon d'identifier les variants, alliant test RT-PCR et séquençage. Cela aurait également laissé le temps aux autorités d'accélérer l'expansion de nouveaux outils de dépistage comme les tests salivaires, presque aussi fiables que les test nasopharyngés mais également de finir la vaccination dans les Ehpad, particulièrement touchés par l'épidémie.

"La reprise de la circulation épidémique à l’issue du confinement aura lieu dans un contexte où vaccination et nouveaux traitements seront davantage disponibles et pourront réduire l’impact de la circulation du virus sur le système de santé", estimait enfin le Conseil scientifique, dans le cas où le gouvernement aurait choisi de le suivre.

De nouvelles annonces attendues jeudi soir

Emmanuel Macron avait indiqué en fin de semaine dernière qu'il se laissait encore 8 à 10 jours avant de statuer sur un éventuel nouveau renforcement des mesures sanitaires. Désormais, la stratégie gouvernementale semble être celle du cas par cas. Des confinements locaux le week-end ont été décrétés à Dunkerque ainsi que dans les Alpes-Maritimes, en raison de l'urgence de la situation dans ces territoires.

Jean Castex tiendra un point presse jeudi soir, 18h, pendant lequel il pourrait annoncer un nouveau tour de vis au regard de l'aggravation de la situation épidémiologique dans de nombreux territoires du pays. Plus de 31.000 nouveaux cas de Covid-19 ont été enregistrés en France en 24h, selon les chiffres de Santé Publique France mercredi.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV