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Covid-19: comment vont se dérouler les tests salivaires déployés à l'école ce lundi

Une petite pipette permettant de prélever de la salive sous la langue des enfants permet de détecter avec la même efficacité le virus.

Une petite pipette permettant de prélever de la salive sous la langue des enfants permet de détecter avec la même efficacité le virus. - Sylvain Thomas

La rentrée scolaire des élèves de la zone A marque le début de la campagne de dépistage massif dans les écoles grâce aux tests salivaires. S'ils ne sont pas plus rapides que les tests nasopharyngés, ils sont moins désagréables pour les plus jeunes.

Une rentrée "test" pour le ministère de l'Éducation. Ce lundi 22 février marque le retour des élèves de la zone A dans les salles de classe. Une date qui survient en plein contexte de prolifération des variants, plus contagieux que le Covid-19 classique et ce y compris pour les enfants.

Face à la crainte d'une envolée de l'épidémie à l'échelle nationale, le gouvernement lance à cette occasion des dépistages dans les écoles en recourant aux tests salivaires, une nouveauté bienvenue pour les plus jeunes.

· Des prélèvements plus acceptables pour les enfants

Et pour cause: contrairement au dépistage naso-pharyngé, le test salivaire ne requiert pas d'écouvillon dans le nez mais un simple prélèvement de la salive. Il suffit pour se faire de disposer d'un kit permettant de recueillir la salive "par crachat simple, par crachat bronchique ou par pipetage de la salive", précise la Haute autorité de santé.

Cette dernière technique est notamment préconisée pour les jeunes enfants, lorsque ces derniers ont des difficultés à cracher dans un tube.

Pour Jean-Michel Blanquer pas de doute, ces nouveaux tests, qui rendent possible par la même occasion l'auto-prélèvement, présentent une plus grande acceptabilité pour les plus jeunes.

"Tous les tests nasopharyngés n'étaient pas réalisés car beaucoup d'élèves et beaucoup d'adultes n'étaient pas volontaires pour le faire parce que c'est un peu douloureux et compliqué [...] Avec les tests salivaires, nous pensons que presque tout le monde acceptera de se faire tester", a affirmé le ministre de l'Éducation nationale face à Apolline de Malherbe samedi sur BFMTV.

Un avis rejoignant celui émis quelques jours plus tôt par la HAS qui estime que le recours aux tests salivaires est un dépistage recommandé en cas de "dépistage itératif (répété, NDLR) de populations ciblées telles que les écoles, les universités, les Ehpad ou les soignants".

· Un test pas plus rapide

Mais un test acceptable ne veut pas dire qu'il est plus rapide ou plus efficace pour détecter la présence ou non du virus. Tout comme le test nasopharyngé, le test salivaire est un test dit RT-PCR. Autrement dit il est nécessaire que ce dernier soit analysé par un laboratoire à la différence d'un test antigénique. Il faut donc attendre plusieures heures avant de savoir si on est positif ou négatif au Covid-19.

Si des tests salivaires rapides existent, le ministre de la Santé Olivier Véran a estimé que les dernières études "ne sont pas favorables à (leur) utilisation, parce que la sensibilité des tests qui existent aujourd'hui est trop faible".

En outre, les tests salivaires restent un peu moins fiables que les tests nasopharyngés - 85% contre 92% en moyenne - mais le sont malgré tout sufisamment pour avoir été validés par la HAS.

· Des recommandations à suivre s'il y a auto-prélèvement

De même, certaines conditions sont requises pour s'assurer de la fiabilité d'un test salivaire: il ne doit pas être effectué si dans les 30 minutes précédentes vous avez mangé, bu, fumé, ou lavé vos dents.

Il faut également l'apporter, lorsque le test se fait à domicile, dans les heures qui suivent au laboratoire tout en ayant bien pris soin de désinfecter l'extérieur du tube contenant votre salive.

· Une autorisation parentale nécessaire

Enfin ces tests ne sont bien évidemment pas obligatoires pour les enfants: une autorisation parentale est une condition sine qua non à leur dépistage.

Le démarrage de cette campagne de dépistage sera par ailleurs progressif: Jean-Michel Blanquer a en effet annoncé samedi sur BFMTV qu'"entre 50.000 et 80.000 tests" seront réalisés au cours de cette première semaine pour atteindre les 200.000 tests par semaine, objectif fixé par le Premier ministre Jean Castex.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV