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"C’est grave ce qu’il a dit": Serge, 91 ans et non-vacciné, dénonce les "paroles indignes" d'Emmanuel Macron

Serge, qui vit dans les Pyrénées-Orientales, a 91 ans et se refuse au vaccin contre le Covid-19. Devant nos caméras, il a blâmé la prise de parole d'Emmanuel Macron auprès de lecteurs du Parisien auxquels il a confié son "envie d'emmerder" les non-vaccinés.

Il assure "ne pas être contre le vaccin" mais pour "la liberté, pour qu'on laisse les gens faire ce qu'ils veulent". Il n'empêche: lui et sa défunte épouse ont décidé il y a déjà plusieurs décennies de ne plus se faire vacciner. Comme de ne plus faire appel à la médecine moderne. Et ce n'est pas franchement pour le Covid-19 que Serge, aujourd'hui âgé de 91 ans et résident de la commune de Los Masos dans les Pyrénées-Orientales, retrouvera le chemin du cabinet du toubib ou de l'hôpital, comme il l'a expliqué dans le reportage que nous diffusons ce jeudi matin.

Aussi les propos tenus par Emmanuel Macron devant des lecteurs du Parisien sur les non-vaccinés qu'il a "envie d'emmerder jusqu'au bout", les "irresponsables qui ne sont plus des citoyens" lui ont-ils particulièrement déplu, a souligné l'ancien ingénieur devant nos caméras.

12,1% et Serge au milieu

Sur le site de Santé Publique France, on comptait ce mardi 86,1% de personnes pleinement vaccinées contre le virus chez les personnes âgées de 80 ans et plus, ainsi qu'1,8% de vaccinés partiels. A côté, il y a les autres, les 12,1% qui pour une raison ou pour une autre n'ont pas reçu de piqûre. Et parmi eux, Serge, donc.

Même si la voix reste basse et semble sereine, il est ulcéré par la sortie présidentielle polémique. "C’est grave ce qu’il a dit. C’est grave parce qu’il y a déjà une certaine animosité entre non-vaccinés et vaccinés alors si lui met encore un petit peu plus de feu sur la braise, ça ne va pas arranger les choses", a-t-il argumenté.

"Je trouve ces paroles indignes d’un président de la République."

Du reste les "emmerdements" flottant au-dessus de la tête des non-vaccinés ne lui pèsent pas tellement.

"On ne veut pas que j’aille au restaurant? Ça ne me gêne pas du tout. Je ne peux pas aller au spectacle? Tant pis", évacue-t-il.

Une indifférence à toute épreuve

Non seulement Serge et sa femme ont fait le choix de se passer des services de la médecine - "grâce à notre nourriture et à notre façon de vivre" selon lui - mais leurs huit enfants ont dû prendre la même distance. Et si certains d'entre eux sont aujourd'hui vaccinés contre le virus, c'est parce qu'ils ont craint de perdre leur travail, affirme l'homme de 91 ans.

Retraité depuis bien longtemps, Serge ne risque pas d'y laisser son emploi. Et il affiche quant à lui, un credo libertaire: "Je ne suis pas contre le vaccin. Je suis pour la liberté, qu’on laisse les gens libres de faire ce qu’ils veulent."

"Ceux qui veulent se faire vacciner, ils se font vacciner. C’est à eux de voir, ça m’est égal", glisse-t-il encore.

Une indifférence que ni les attaques ni les approches plus pédagogiques ne semblent pouvoir entamer.

Robin Verner avec Aurore Villemur et Emma Alonso.