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"Un président exemplaire...": l'anaphore de François Fillon

En réponse au "moi président" de François Hollande, François Fillon a donné dans une anaphore sa définition d'un "président exemplaire".

Cela faisait cinq ans que les Républicains la préparaient: François Hollande ou pas, François Fillon s'est offert, à son tour, une anaphore lors d'un débat présidentiel. Lors du Grand débat mardi soir, le député de Paris, dont la campagne a été entachée par l'affaire Pénélope, a donné sa définition d'un "président exemplaire" à cinq reprises, en employant cette formule rhétorique. Sans égaler les quinze répétitions du "moi président" par le candidat socialiste face à Nicolas Sarkozy en 2012, cette séquence a constitué l'un des temps forts de l'émission.

Ethique politique

L'ancien Premier ministre a déplacé la notion d'exemplarité du domaine de la mortalité personnelle, sur lequel il est en difficulté, au domaine de l'éthique politique:

"Un président exemplaire est un président qui dit la vérité aux Français sur la réalité de la France et la réalité du monde. Un président exemplaire, c'est un président qui met en oeuvre les engagements qu'il a pris devant le peuple, quelles que soient les difficultés"

"Un président exemplaire", a poursuivi celui que Nicolas Sarkozy qualifiait de "collaborateur", "c'est un président qui respecte son Premier ministre, qui respecte le gouvernement et qui respecte l'équilibre des pouvoirs prévus par la Constitution".

Un homme d'action

"Un président exemplaire, c'est un président qui ne se sert pas des moyens de l'Etat pour affaiblir ses adversaires. Et un président exemplaire, c'est un président qui ne confie pas à des journalistes des secrets défense", faisant allusion à ses accusations visant un supposé "cabinet noir" piloté par François Hollande depuis l'Elysée, ainsi qu'au livre Un président ne devrait pas dire ça.

"Pour finir, un président exemplaire, c'est un président qui, au bout de cinq ans, peut dire qu'il a amélioré la situation et la vie des Français", a conclu François Fillon, qui invite les Français à juger le premier personnage de l'Etat davantage sur son action et son efficacité plus que sur sa probité. Le candidat Les Républicains mis en examen notamment pour détournement de fonds publics dans l'affaire de l'emploi présumé fictif de son épouse.
Louis Nadau avec AFP