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Que retenir du débat présidentiel qui a opposé les onze candidats?

Les onze candidats à la présidentielle étaient côte à côte ce mardi soir pour défendre leurs projets respectifs. BFMTV a organisé et diffusé en direct un débat historique.

Une première dans l'histoire des élections françaises. Ce mardi soir, les onze candidats étaient réunis sur le même plateau de télévision pour parler emploi, social mais aussi protection des Français et moralisation de la vie politique. Petit tour d'horizon des grands points à retenir. Toute une soirée, les joutes verbales et les idées se sont côtoyées. 

> Les petits candidats entrent dans le jeu

Absents du précédent débat télévisé, Philippe Poutou et Jean Lassalle se sont particulièrement démarqués, ce mardi soir. 

La voix rocailleuse, l'accent prononcé, Jean Lassalle a rappelé qu'il était "fils de berger, frère de berger", avant de s'interroger sur les règles du débat. De son côté, Philippe Poutou, s'en est pris d'emblée aux "politiciens corrompus" présents "sur ce plateau". 

"Depuis janvier, c’est le régal, Fillon, plus on fouille et plus on sent la corruption et la triche. En plus, ils nous expliquent qu’il faut la rigueur et l’austérité", lance le candidat du NPA. "On a aussi Marine Le Pen, pareil, on pique dans les caisses publiques, ce n’est pas ici c’est en Europe. Et le FN qui est anti-système ne s’emmerde pas, car il se protège grâce à l’immunité parlementaire, donc peinard".

Une sortie qui n'a pas été du goût de l'ancien Premier ministre. François Fillon a protesté de multiples "Oh, oh, oh, oh", murmurant: "Je vais vous foutre un procès, vous".

> L'Europe: vif échange entre Fillon et Dupont-Aignan

Les échanges se sont ensuite animés autour du thème de l'Europe, où les lignes de fracture entre les candidats se sont dessinées. Emmanuel Macron souhaite un renforcement de la construction européenne. Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon réclament, eux, la renégociation des traités.

Les autres candidats souhaitent un Brexit à la française et/ou une sortie immédiate de l'euro. De son côté, Nicolas Dupont-Aignan a accusé François Fillon de ne pas être crédible sur les institutions européennes.

"Qui peut vous croire, François Fillon, alors que votre gouvernement, et toute votre carrière politique, vous avez signé les traités européens?"

François Fillon lui a aussitôt rappelé qu'il avait été le "chef de cabinet de François Bayrou", l'accusant ainsi "d'être dans le système depuis assez longtemps", avant d'ajouter sèchement: "Vous ne les avez pas signés (les traités, NDLR) car vous n’avez jamais eu le pouvoir de le faire".

> "Fichez-nous la paix avec la religion!"

Au cours du grand débat présidentiel, la présidente du parti d'extrême droite a abordé le thème de la religion catholique. Marine Le Pen a proposé d’inscrire dans la Constitution "la protection du patrimoine historique et culturel des Français".

Une proposition qui a fortement déplu à Jean-Luc Mélenchon. 

"Madame, 60% des Français n’ont pas de religion. Fichez-nous la paix avec la religion! Nous ne sommes pas obligés de subir vos foucades, vos trouvailles, votre manière de nous imposer à tous une manière de vivre qui n’est pas la nôtre!".

> Macron défend son passé de banquier chez Rothschild

Après plus de deux heures de débat, Nicolas Dupont-Aignan, le candidat de Debout la France, a interpellé Emmanuel Macron sur son passé à la banque Rothschild. 

Emmanuel Macron piqué au vif, rétorque: "Qu’insinuez-vous?", avant de lui répondre pour "lever tous soupçons". 

"Vous avez totalement raison, je le comprends très bien, je suis pour la transparence, la responsabilité, mais pas le soupçon généralisé. (...) J'ai toujours, dans les choix qui ont été les miens, été clair pour dire non et préserver mon indépendance". 

> Mélenchon réclame des sanctions contre Lafarge

"Je trouve étrange que personne n'ait évoqué le cas de Lafarge, compagnie mondiale de ciment, qui a avoué avoir payé Daesh pour pouvoir continuer à produire son foutu ciment", a lancé Jean-Luc Mélenchon.

Le candidat de La France insoumise a réclamé "une décision exemplaire" contre le producteur de ciment, qui fait l'objet d'une enquête sur ses activités en Syrie. Le Monde avait révélé de possibles arrangements sur place avec l'organisation terroriste État islamique (EI) en 2013 et 2014 pour faire fonctionner le site de Jalabiya dans le nord de la Syrie. Le quotidien citait des responsables de la filiale, Lafarge Cement Syria.

> Le plus convaincant: Mélenchon

Selon un sondage Elabe réalisé pour BFMTV, c'est Jean-Luc Mélenchon qui a été jugé le plus convaincant. Ils sont ainsi 25% des téléspectateurs interrogés par Elabe à avoir estimé que le candidat de la "France insoumise" avait dominé les échanges. Il devance ainsi Emmanuel Macron (désigné par 21% des sondés) et François Fillon (objet du choix de 15% du panel). 

Elodie Hervé