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Grand débat présidentiel: 8 candidats sur 11 sont eurosceptiques

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La majorité des onze candidats à l'élection présidentielle s'opposent, sur des modes bien différents, à l'Union européenne telle qu'elle existe aujourd'hui.

Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Jean-Luc Mélenchon, Jean Lassalle, Jacques Cheminade, François Asselineau, Nicolas Dupont-Aignan et Marine Le Pen: ils seront huit, sur les onze candidats à la présidentielle, à défendre, de manières bien différentes, l'idée d'une autre Europe, du moins d'une autre Union européenne.

Selon Paul Bacot, professeur émérite de science politique à l’IEP de Lyon, cette ligne de fracture n'est pas nouvelle: "Elle était déjà au cœur des analyses lors du référendum de 2005 sur la Constitution européenne". "C'est un axe qui croise l'axe gauche droite, d'où une quadripartition du paysage politique français", explique-t-il.

Critiques anticapitalistes

De l'héritage marxiste et internationaliste au nationalisme d'extrême droite, en passant par les différentes formes de souverainisme, ces oppositions à l'Union européenne telle qu'elle existe ont des racines bien différentes d'un candidat à l'autre. Plutôt que de contredire fondamentalement l'existence du clivage droite-gauche, ces critiques enrichissent plutôt les oppositions au sein même de ces deux camps.

"Ce que défendent ceux que nous appellerons, par commodité, les 'anti-européens' de gauche, c'est la transposition à l'échelle de l'Union européenne du discours national, axé sur la critique du libéralisme", détaille Paul Bacot. Dans ce courant se rangent notamment Nathalie Arthaud, Philippe Poutou, Jean-Luc Mélenchon, bien que les deux premiers soient bien plus marqués par une idéologie internationaliste, en contradiction avec le principe même de l'Union européenne. 

Souveraineté de la nation

La critique d'extrême droite vise quant à elle le principe même d'Union européenne, au nom d'une idéologie nationaliste, "patriote", dans le jargon du Front national. Si Marine Le Pen et Nicolas Dupont-Aignan sont très attachés à l'idée d'une civilisation européenne, chacun défend en revanche la souveraineté de la nation (tandis que Jean-Luc Mélenchon défend plutôt l'idée de souveraineté du peuple), entité politique indépendante la plus légitime à leurs yeux.

Le discours des candidats "inclassables" - Jean Lassalle, Jacques Cheminade et François Asselineau - est concentré sur une critique de l'Europe "financière", avec, dans les deux premiers cas, de forts accents complotistes.

Louis Nadau