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Le grand débat sur BFMTV: une opportunité pour les petits candidats

Ils seront onze candidats, côte-à-côte, à participer au "Grand débat" diffusé sur notre antenne. Mais les risques et les enjeux varient fortement suivant les situations des prétendants à l'Elysée. Les spécialistes de BFMTV ont livré leurs analyses sur notre antenne.

"Les petits ont plus à gagner qu’à perdre. Les gros ont plus à perdre qu’à gagner", c'est ainsi que Ludovic Vigogne, journaliste politique à L'Opinion, a résumé sur notre chaîne les deux visages du débat de ce mardi sur BFMTV. De François Fillon à Nathalie Arthaud, de Jean-Luc Mélenchon à François Asselineau, d'Emmanuel Macron à Jacques Cheminade, les onze candidats seront présents sur le plateau pour échanger publiquement une seconde fois. Virginie Le Guay, chef-adjointe du service politique de Paris Match, a également pointé les attentes différentes nourries par les candidats suivant leur situation par rapport à l'opinion:

"Le débat peut permettre de faire connaître les petits candidats qui ont tout intérêt à se frayer une place parmi les gros candidats. Il est en revanche assez risqué pour les gros candidats qui sont toujours dans des positions assez fragiles finalement, à part Marine Le Pen qui bénéficie d’un électorat très solide."

"Certains petits candidats vont arriver remontés à bloc"

Parmi les candidats les moins médiatiques, un, au moins, a bien l'intention de saisir la chance qui lui est offerte: "Nicolas Dupont-Aignan s’est fait une spécialité du clash, du buzz donc pour le débat, il va sûrement préparer un coup", a aussi estimé Ludovic Vigogne. Une impression confirmée par l'éditorialiste de BFMTV, Laurent Neumann: "Certains petits candidats vont arriver remontés à bloc car ils ont été dégoûtés de ne pas être invité dans le premier débat. Je pense à Nicolas Dupont-Aignan". 

Mais, en tête dans les sondages, l'équation n'est pas la même pour Marine Le Pen et Emmanuel Macron. "Emmanuel Macron est lui devant un enjeu de fond. Il est dans une situation compliquée car il est le favori. Quand on est le favori, on a aucun intérêt à se mêler de sujets clivants mais il est dans une position d’ ‘attrape-tout’ avec un degré d’adhésion assez faible", a analysé Jean-Sébastien Ferjou, directeur de la publication du site Atlantico sur BFMTV, tout en portant le jugement suivant sur Marine Le Pen: "Il y a un enjeu de forme très fort pour Marine Le Pen. Elle s’était montrée plus apaisée dans certaines émissions, et dans le dernier débat, elle est revenue à un ton plus ‘gueulard’, plus menaçant. Ça ne faisait pas très présidentiable."

La position particulière de François Fillon

Il est un candidat pour lequel le débat représente à la fois une opportunité et un risque important. François Fillon, coincé sous la barre des 20%, devra s'exposer pour tenter de refaire son retard sur ses principaux rivaux et même essayer d'échapper à la poursuite de Jean-Luc Mélenchon qui revient sur lui dans les enquêtes d'opinion.

"C’est incontestablement pour François Fillon que le débat est le plus important. Il essaye de nous faire croire à une dynamique depuis le Trocadéro et tous les jours il parle d’une 'nouvelle campagne'. Depuis le Trocadéro, il y a trois semaines, il n’a pourtant pas pris 0,1% dans les sondages. Il ne parvient pas à faire redémarrer sa campagne. Pour lui, le débat est un moment tout à fait capital", a estimé Maurice Szafran, éditorialiste à Challenges

Problème, l'un des thèmes au programme des échanges pourrait le desservir:

"La question du modèle social est très risqué pour François Fillon dont on n’a toujours pas compris les contours du projet. Aujourd’hui, on ne sait pas très bien ce qu’il propose, et jusqu’où il propose de déréguler, de dérembourser, comment et quoi. Donc ça va être très difficile pour lui de s’avancer sur ce terrain-là", a analysé Virginie Le Guay. 

Des matchs dans le match

A l'inverse, Benoît Hamon peut trouver dans ce rendez-vous télévisé l'occasion de jouer son va-tout: "Benoît Hamon doit sortir du ‘trou noir’ de sa campagne", a ainsi posé Maurice Szafran. Le candidat socialiste devra notamment s'opposer à Jean-Luc Mélenchon, selon Ludovic Vigogne, qui a indiqué qu'il y aurait deux autres matches dans le match. A droite, tout d'abord, Nicolas Dupont-Aignan et François Fillon vont sans doute se confronter: "On a vu une progression de Nicolas Dupont-Aignan sans doute au détriment de François Fillon. Demain, Nicolas Dupont-Aignan aura sûrement envie de mordre les mollets de François Fillon qui répondra" Enfin, note le journaliste, un duel se jouera entre les deux favoris: "C'est un duel qui se joue déjà des deux côtés de meeting en meeting. Ils voudront sans doute le continuer". 

Ce mardi, à moins de vingt jours du premier tour de la présidentielle, les lignes vont donc une nouvelle fois bouger. 

R.V.