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Sondage: Mélenchon creuse l'écart avec Hamon

Un sondage Elabe pour BFMTV et L'Express publié ce mercredi place Emmanuel Macron en tête des intentions de vote au premier tour, maintenant l'écart avec Marine Le Pen, en deuxième position. Mais c'est à gauche que les scores basculent: Jean-Luc Mélenchon dispose désormais de cinq points d'avance sur Benoît Hamon.

Statu quo devant, et emballement de la dynamique pour Jean-Luc Mélenchon à gauche, voilà les principales leçons du sondage de l'institut Elabe pour BFMTV et L'Express publié ce mercredi. Les deux favoris de l'élection présidentielle à ce jour, Emmanuel Macron et Marine Le Pen, sont solidement campés aux premières places des intentions de votes, même s'ils perdent l'un et l'autre 0,5% de suffrages estimés. Le fondateur d'"En marche!" devance toujours la présidente du Front national de 1,5 point, avec 25,5% des intentions de votes contre 24%.

A noter que le tassement du score en faveur de Marine Le Pen se poursuit depuis la fin février: en un mois, elle a perdu quatre points au baromètre Elabe. Le troisième homme, François Fillon, est situé quant à lui à 18%, ce qui représente une hausse de 1% par rapport à la précédente étude diffusée il y a une semaine.

Jean-Luc Mélenchon s'échappe à gauche

Mais c'est à la gauche de la scène politique que les courbes prennent une tournure de plus en plus nette. En effet, on retrouve Jean-Luc Mélenchon, le candidat de "La France insoumise", à trois points derrière son adversaire de la droite et du centre et, surtout, cinq points au-dessus du score attribué à Benoît Hamon.

Jean-Luc Mélenchon attire désormais 15% des intentions de votes sur son nom tandis que le candidat du Parti socialiste et de ses alliés descend à 10%. Cette tendance semble obéir à la logique des vases communicants: à la montée de Jean-Luc Mélenchon dans ce sondage (une hausse de 1,5 point) répond une baisse équivalente de l'électorat de Benoît Hamon (une chute de 1,5 point également). A noter que les sondés ont été interrogés ce mardi et ce mercredi alors que, ce même jour, Manuel Valls annonçait son soutien à Emmanuel Macron. 

La certitude de voter Hamon s'effondre parmi ses partisans

L’ascension de Jean-Luc Mélenchon, dont la campagne a connu plusieurs succès consécutifs ces derniers jours (la marche très suivie pour la VIe République, une performance jugée convaincante lors du premier débat télévisé, un meeting réussi à Rennes), s’explique par plusieurs données. Tout d’abord, il plaît à la grande majorité de ses électeurs à l’élection de 2012 (67%, soit une hausse de 10%) et il séduit davantage d’anciens électeurs de François Hollande au premier tour de ce même scrutin (19% d’entre eux soit un gain de 5%). Parmi les sondés se prononçant pour un vote en sa faveur le 23 avril prochain, 62% se disent sûrs de leur choix, un mieux de 7%. Les mêmes indicateurs rendent un écho diamétralement opposé dans le cas de Benoît Hamon.

La certitude de votes à son profit parmi ses sympathisants a largement reculé: ils ne sont plus que 42% à se dire sûrs de choisir un bulletin Benoît Hamon lors du premier rendez-vous printanier dans l'isoloir. C'est une chute lourde de 22% et cette baisse fait de son électorat le plus incertain parmi ceux des cinq candidats les plus en vue pour la présidentielle. Par ailleurs, Benoît Hamon convainc de moins en moins les anciens votants favorables à François Hollande au premier tour de l'élection de 2012. Il ne recueille plus que 21% de ceux-ci, c'est six points de moins que lors du précédent sondage. L'institut Elabe a aussi cherché à savoir si Benoît Hamon parvenait à persuader d'anciens électeurs de Jean-Luc Mélenchon il y a cinq ans. Il n'en mobilise que 11%, soit une variation à la baisse de sept points en une semaine. 

Marine Le Pen battue au second tour

Au second tour, en cas de confrontation de Marine Le Pen et d'Emmanuel Macron, la dirigeante frontiste serait battue, ne recueillant que 37% des voix, contre 63% pour son adversaire. François Fillon battrait lui aussi Marine Le Pen mais avec une plus courte avance, par 54% contre 46%.

Cependant, l'institut Elabe avertit que dans l'un ou l'autre de ces schémas, le taux de personnes ne souhaitant pas exprimer d'intentions de votes est conséquent. Ils sont 20% à garder leur réserve en cas de duel entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen, et 35% dans l'hypothèse d'un match entre la présidente du Front national et le candidat de la droite et du centre. 

Sondage réalisé avec un échantillon de 1.040 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Au sein de cet échantillon, a été extrait un sous-échantillon de 998 personnes inscrites sur les listes électorales pour l’établissement des intentions de vote. La représentativité de l’échantillon national a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession du répondant après stratification par la région de résidence et la catégorie d’agglomération. Les sondés ont été interrogés par questionnaire auto-administré sur Internet les 28 et 29 mars 2017.

dossier :

Benoît Hamon

Robin Verner