BFMTV

Débat, meeting... Jean-Luc Mélenchon dans une bonne dynamique

Selon un sondage BVA publié samedi, Jean-Luc Mélenchon doublerait Benoît Hamon. Une bonne dynamique impulsée par le débat télévisé de lundi, durant lequel il a été jugé deuxième candidat le plus convaincant, derrière Emmanuel Macron.

Il a le vent en poupe. A gauche, le duel entre Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon tourne à l’avantage du candidat de la France insoumise. Crédité de 14% d’intentions de vote, il creuse l’écart avec son concurrent du PS, en baisse à 11,5%. Les bons chiffres se rangent alors du côté de celui qui prône la fin de la Vème République et dont le nouveau slogan est "La force du peuple"

Retournement de situation

Durant son rassemblement organisé place de la République, à Paris, samedi dernier, Jean-Luc Mélenchon a réuni des dizaines de milliers de militants. "Un point de bascule", selon Jean-Rémi Baudot, journaliste politique BFMTV. Plus tard, lors du débat télévisé diffusé lundi, il a été jugé deuxième candidat le plus convaincant face à ses quatre concurrents. Depuis, sur le terrain, ses militants voient les effets de cette bonne dynamique. Dimanche, la salle de 4.500 places réservée pour son meeting à Rennes affichait complet.

"Les gens nous disent qu’il a été bon. Ils prennent plus facilement les tracts que l’on distribue lorsque l’on dit que c’est la France insoumise. Il y a même des gens qui reviennent en chercher alors qu’au début ce n’était pas ça", dit une jeune femme.

D’autres soutiens rappellent leur objectif de voir leur poulain "au second tour". Un objectif qui pourrait être atteint grâce à une récolte de votes initialement destinés à ses concurrents. Son côté "antieuropéen sans l’être trop", lui permettrait de récupérer un "électorat flottant", analyse Serge Raffy, éditorialiste politique à L’Obs.

Piquer des voix grâce à des chiffres

Jean-Luc Mélenchon pense pouvoir récupérer cet "électorat flottant" en prenant appui sur des chiffres qu'il estime convaincants. "Un proche du candidat me disait cette semaine que les portes s’ouvrent, il se passe quelque chose, il y a une dynamique, une énergie. Ils disent le voir dans la rue avec des curieux qui s’intéressent de plus en plus à son programme", analyse Jean-Rémi Baudot.

"Ça se voit aussi sur Internet, sur la plateforme France insoumise. Cette semaine le mouvement aurait dépassé les 300.000 inscriptions et il y aurait des milliers d’inscriptions tous les jours. Avec ces chiffres, la France insoumise revendique le statut de premier mouvement politique de France", ajoute notre journaliste.

"Pour ses proches, c’est la preuve qu’il y a la limite des vieux partis traditionnels et que le PS paie cash le prix des primaires et des divisions que ça a pu créer. François Fillon est désormais dans sa ligne de mire. Il considère qu’il peut bientôt le dépasser dans les sondages."

Une fusion avec Benoît Hamon?

Mais attention. Comme le souligne le journaliste politique, "il y a encore beaucoup de volatilités".

"Quand on regarde dans les détails, on se rend compte que ceux qui se disent prêt à voter pour Benoît Hamon sont plus sûrs de leur choix que ceux qui se disent prêt à voter Jean-Luc Mélenchon. Il faut donc encore consolider et confirmer tout ça", dit-il.

Pour augmenter leurs chances d’être au second tour, Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon pourraient s’unir. Une idée balayée par les deux candidats dimanche. Mais "d’un point de vue du programme, il pourrait y avoir des points de convergence mais pour ça il faudrait s’entendre mais là on est quelque part entre la politique et l’égo", rappelle Jean-Rémi Baudot. Jean-Luc Mélenchon devra continuer à convaincre les Français. 

Julie Breon avec Jean-Rémi Baudot