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Qui est François Asselineau?

François Asselineau lors de l'annonce de sa candidature le 10 mars 2017 à Paris.

François Asselineau lors de l'annonce de sa candidature le 10 mars 2017 à Paris. - GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

François Asselineau est le candidat inattendu de cette présidentielle. Présent ce mardi au Grand débat présidentiel de BFMTV, cet énarque à la tête de l'Union populaire républicaine (UPR) depuis dix ans veut rendre à la France sa "souveraineté nationale". Il défend la sortie de l'Union européenne, de l'euro et de l'OTAN et réfute l'étiquette d'extrême droite.

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais ses affiches de campagne sont bien connues des citadins. Sous les ponts, au bord des routes, à proximité des arrêts de bus, toujours dans des endroits visibles de tous, avec le même fond vert, et un slogan privilégié: "Le parti qui monte malgré le silence des médias". Le parti en question, c'est l'UPR (Union populaire républicaine), fondé il y a 10 ans par François Asselineau. 

Inconnu du grand public, cet énarque, âgé de 59 ans, inspecteur des finances de formation, a a réussi à obtenir 584 signatures d'élus. En 2012, François Asselineau, n'était pas parvenu à se présenter, réunissant moins de 20 parrainages. Aujourd'hui, il prédit un score "surprenant" à l'élection.

Sortie de l'UE, de l'euro et de l'OTAN

Depuis 2012, la donne a changé. Son mouvement revendique près de 17.000 adhérents, contre 600 en 2012. Mais surtout, il est convaincu que ses idées ont beaucoup plus de prise. "Mes idées étaient jugées excessives ou farfelues", explique François Asselineau à BFMTV.com. "Compte tenu du vote du Brexit par les Britanniques, un nombre plus important de Français et de maires se sont dit que ce débat devait avoir lieu", poursuit-il, évoquant la pierre angulaire de son programme: un "Frexit", une sortie de la France de l'Union européenne. Le candidat plaide aussi pour une sortie de l'euro et de l'OTAN et dit vouloir rendre à la France sa "souveraineté nationale".

Il réfute toute proximité avec Marine Le Pen

Mais il réfute l'étiquette d'extrême droite, toute "xénophobie", tout "racisme" ou "volonté de se couper du reste du monde". Et aussi toute proximité avec Marine Le Pen, avec laquelle il partage son europhobie. Il défend un "ni gauche, ni droite, ni extrême". 

Le candidat évoque tout de même la "renationalisation de services publics" (il cite EDF, La Poste, la SNCF...); l'inscription dans la Constitution d'un "principe de sécurité publique et de sécurité sociale pour tous les Français"; et l'instauration du référendum d'initiative populaire.

Le candidat Asselineau tient à être pris au sérieux. Dans son discours, très technique, il évoque en détail la Constitution, les traités européens et l'histoire de France. "Je connais mes dossiers", se vante-t-il. A de nombreuses reprises, il évoque et cite Charles de Gaulle, son modèle.

"Le chef de l'Etat soit se situer au-dessus des partis politiques", "le sujet de la présidentielle, c'est l'indépendance de la France", lance-t-il.

"J'ai déjeuné avec Nelson Mandela"

Il cite aussi Hugues Capet, Henri IV qui "a su rassembler le pays" ou encore Saint-Louis, comme modèle de "justice impartiale qui s'applique à tous". François Asselineau veut montrer qu'il est cultivé, et qu'il a "l'envergure" d'un chef d'Etat. 

"J'ai accompagné Mitterrand en Corée, Balladur en Arabie Saoudite, Chirac en Thaïlande, j'ai serré la main de Jean-Paul II, j'ai déjeuné avec Nelson Mandela", énumère-t-il avec orgueil. "Qui comme moi a vu 85 pays, qui comme moi a passé un an et demi au Japon, qui comme moi parle un peu japonais?" demande-t-il, évoquant les autres candidats. "J'étais fait pour être un globe-trotter", lance-t-il aussi. 

"Si je suis candidat c’est pour être élu, ce n’est pas pour faire de la figuration", nous explique François Asselineau, comme pour achever de lever les doutes sur ses ambitions. Il se défend en revanche d'être un "fanfaron" ou d'avoir "la grosse tête", mais aime à rappeler qu'il est sorti deuxième de sa promo à l'ENA. Le rôle de candidat à la présidentielle est pour lui nouveau, mais la politique ne l'est pas. Il a fait carrière dans les cabinets ministériels et fut un proche de l'ancien ministre de l'Intérieur Charles Pasqua. Aujourd'hui, marié, père de deux enfants, il explique être "en disponibilité" pour se consacrer à la campagne.

Une campagne financée par les adhérents

Quant à la question de son financement, il affiche la transparence et détaille le loyer de son QG de campagne de la très chic Avenue de Wagram ("7.000 euros par mois"), celui de son QG permanent dans le 12e arrondissement ("820 euros par mois"), et le prix dépensé pour l'impression de ses affiches ("14 ou 15.000 euros"). Il dit ne recevoir aucun argent public, ni n'avoir contracté aucun prêt bancaire. "Tout l'argent est versé par nos adhérents dans la limite légale de 7.500 euros par an", explique-t-il. 

Impossible, enfin, d'évoquer François Asselineau sans parler de ses militants. Ces adhérents sont ultra motivés, sensibles peut-être à l'érudition de leur candidat, qui donne régulièrement des conférences longues de plusieurs heures et qui se partagent sur Internet.

Des militants surmotivés

C'est là que se situe le cœur militant des adhérents, très actifs sur les réseaux sociaux notamment. Rémi Renaud, qui coordonne pour l'UPR la recherche de candidats aux législatives, explique avoir été séduit par l'une de ces conférences, sur "les origines cachées de la construction européenne". "Je suis resté bouche bée", se souvient le jeune homme, qui explique avoir compris en substance que les Etats-Unis étaient derrière cette construction européenne.

Il réfute cependant toute idée de "conspirationnisme", disant d'abord ne pas savoir ce que c'est, puis estimant, quand on lui donne la définition du Larousse, ne pas vraiment s'y retrouver. "C’est Obama et Bush qui ont voulu maintenir l’euro, ils ont voulu empêcher le Brexit", insiste-t-il. Parmi les adhérents, d'après lui, des jeunes et des moins jeunes, "des gens qui viennent à la fois du Front de gauche, d'autres du FN, du centre...". "Beaucoup de Français d’origine maghrébine, beaucoup de Français comme on dit de souche", ajoute-t-il, avant de conclure: "On fait de l’éducation populaire, on s’intéresse à l’intelligence des Français, on n’est pas dans le slogan, dans le marketing."

Charlie Vandekerkhove