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Tribune de militaires: Marine Le Pen réaffirme son soutien et déplore la "fermeté" du gouvernement

Marine Le Pen lors d'une conférence de presse à Paris le 9 mars 2021

Marine Le Pen lors d'une conférence de presse à Paris le 9 mars 2021 - Alain JOCARD © 2019 AFP

La présidente du Rassemblement national et candidate à la prochaine élection présidentielle a déclaré partager l'"affliction" et le "constat" des militaires qui menacent d'intervenir face au "chaos croissant" régnant selon eux en France.

Marine Le Pen a affirmé mardi qu'elle ne regrettait "absolument pas" son soutien à une tribune de militaires qui menacent d'intervenir face au "chaos croissant" qui règne à leur yeux en France, et qu'elle déplorait "la fermeté" du gouvernement à leur égard.

"Ces militaires, ils savent très bien comment ça se passe quand les politiques ne font pas leur travail, ne font pas respecter la Constitution. A un moment donné, la situation est si grave qu'on en appelle à l'armée", a expliqué sur franceinfo la présidente du Rassemblement national et candidate à l'Elysée.

"Je partage leur affliction"

Ces militaires "viennent dire qu'il faut faire appliquer les lois" et "que la situation du pays est terriblement inquiétante (...). Les zones de non droit, la criminalité, la haine de soi, le refus du patriotisme par nos dirigeants sont des éléments de délitement de la Nation", a estimé la dirigeante d'extrême droite.

"Je leur réponds que je partage leur affliction, leur constat, et que ces problèmes se règlent par la politique et par un projet politique validé par les Français dans un cadre évidemment démocratique", a-t-elle ajouté.

Dans un texte publié par Valeurs Actuelles le 21 avril, soit 60 ans jour pour jour après le putsch d'Alger, ces militaires --une vingtaine de généraux, une centaine de hauts gradés et plus d'un millier d'autres militaires selon l'hebdomadaire-- préviennent que si "le laxisme continue à se répandre", cela rendra nécessaire "l'intervention de nos camarades d'active".

Florence Parly "est dans son rôle"

Quand la ministre de la Défense, Florence Parly, les menace de sanctions, elle "est dans son rôle", a estimé Marine Le Pen. "Elle rappelle que les militaires qui rompent le devoir de réserve peuvent avoir des sanctions".

Mais "le gouvernement met beaucoup de fermeté à leur égard", a déploré la cheffe du RN. "On aimerait qu'il y ait autant de fermeté à l'égard de la criminalité et de la délinquance qui pourrit l'existence de nos compatriotes".

"Les ministres ne sont pas obligés de rentrer dans la roue de (Jean-Luc) Mélenchon", chef de file des Insoumis qui, selon elle, "met beaucoup plus d'énergie" à "taper sur les militaires" qu'à "taper sur les islamistes".

Jean-Luc Mélenchon et les parlementaires de LFI ont demandé lundi au procureur de Paris "d'engager des poursuites" contre les auteurs et diffuseurs de la tribune.

H.G. avec AFP