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Tribune de militaires: Bardella estime que "la France de Macron ressemble de plus en plus à une dictature"

Marine Le Pen avait apporté son soutien à une tribune parue dans Valeurs Actuelles, dénonçant le "délitement" de la France.

"Chassez le naturel, il revient au galop", a réagi ce mercredi le Premier ministre Jean Castex à l'égard du soutien apporté par Marine Le Pen à la tribune de militaires qui fustigeait, dans Valeurs Actuelles, un supposé "délitement" de la France du fait d'un "certain antiracisme" et "l'islamisme et les hordes de banlieue".

Interrogé ce mercredi sur ce texte et le soutien de la patronne du Rassemblement national, le numéro 2 du parti, Jordan Bardella a rétorqué sur BFMTV à l'égard de l'exécutif que "ces gens-là passent leur temps à condamner (...) à mépriser le peuple français".

Les militaires signataires "font le même constat qu'une grande majorité de Français", croit savoir la tête de liste RN aux régionales en Île-de-France, selon laquelle Emmanuel Macron serait le "président du chaos, du désordre et de la violence".

Plusieurs généraux proches de l'extrême droite

La liste des généraux signataires de la tribune controversée révèle que plusieurs d'entre eux sont issus de la mouvance identitaire et anti-islam, et que certains gravitent dans le giron du parti d'extrême droite, en ayant notamment été candidats à des élections sous sa bannière.

"Ce que je trouve profondément injuste, c'est que la virulence avec laquelle le gouvernement s'attaque aujourd'hui à l'armée et à ces militaires, qui disent au passage la même chose que ce qu'avait pu décrire le général de Villiers lorsqu'il a écrit son bouquin et lorsqu'il a quitté l'armée quelques mois après l'élection d'Emmanuel Macron, les délinquants, les voyous, les criminels, eux n'ont pas cette même haine, cette même vivacité, cette même énergie dans le discours", dénonce Bardella.

"On ne peut plus rien dire"

Interrogé sur le devoir de réserve des militaires, auquel sont soumis ceux de la "deuxième section" (dont feraient partie plusieurs signataires de la tribune), Jordan Bardella estime que "des militaires en retraite ont le droit de s'exprimer".

Leur statut exact est toutefois sujet à caution et des enquêtes sont diligentées au sein des armées pour le déterminer avec exactitude, afin de décider le cas échéant de sanctions, appelées des voeux de la ministre des Armées Florence Parly.

"La France d'Emmanuel Macron ressemble de plus en plus à une dictature, enfin de moins en moins à une démocratie", tacle Jordan Bardella, estimant que les oppositions sont "systématiquement accusées de récupération, de porter atteinte aux valeurs de la République. (...) La vérité, c'est qu'on ne peut plus rien dire, que l'opposition est sommée de se taire", a-t-il ajouté.

"Je ne crois pas que les Français aient aujourd'hui le sentiment que cette tribune menace et remette en cause la stabilité et le fonctionnement de la République française", a-t-il également défendu.

Dans la soirée mercredi, la présidente du RN a remis une pièce dans la machine de la polémique, en tweetant le message suivant: "Pendant qu’un gouvernement malhonnête décrit une tribune de généraux à la retraite comme le plus grand problème de la France, voilà ce qui se passe dans notre pays". À ce tweet, Marine Le Pen joint un article faisant référence au policier passé à tabac lundi par une vingtaine d'individus à Bagnolet.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV