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Tout pour la France: Sarkozy étrille ses concurrents à la primaire

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- - Frédérick Florin - AFP

Dans son livre programmatique, le candidat à la primaire de la droite tombe à bras raccourcis sur ses opposants à droite. Avec une attention toute particulière pour Alain Juppé.

Nicolas Sarkozy vit mal la concurrence. Distancé par Alain Juppé dans les sondages, devancé par François Fillon et talonné par Bruno Le Maire, Nicolas Sarkozy lance la contre-attaque. Dans son livre Tout pour la France, l'ex-président de la République éreinte ses principaux concurrents un par un, comme l'a repéré Le Lab.

Le Maire, le faux jeune

C'est l'obsession de Bruno Le Maire: le "renouveau". Le député LR veut renouveler le personnel politique, et forcément joue de son âge (plus jeune que la moyenne des candidats) pour s'imposer dans la course à l'investiture.

Ce qui fait dire à Nicolas Sarkozy que "ce sont toujours ceux qui prônent avec ostentation le renouvellement, le rajeunissement, la rénovation dont les comportements politiques sont les plus conservateurs et les plus convenus".

L'ancien président met en garde son concurrent (et quelques autres, comme NKM, qui ont déjà fait de leur âge un argument): "L'âge passe plus vite qu'on ne l'imagine. Il est dangereux d'en faire l'argument unique de sa promotion".

Copé "confond vitesse et précipitation"

Jean-François Copé l'a annoncé: s'il était élu président, il gouvernerait par ordonnances, pour réduire le temps parlementaire et accélérer le processus législatif. Une méthode qui ne convainc pas franchement Nicolas Sarkozy. 

Il "confond vitesse et précipitation en privant le pays d'un débat utile et pédagogique au Parlement. Comment un Président nouvellement élu pourrait-il demander aux Français de lui donner une majorité au Parlement pour immédiatement retirer à celle-ci le pouvoir d'agir ? Cela n'aurait aucun sens" estime l'ancien chef d'Etat.

Et de conclure, à propos de l'idée de son ancien ami devenu ennemi juré: 

"Les ordonnances, c'est donc, en fait, reculer pour moins bien sauter. En réalité, je ne goûte guère l'utilisation de ces procédures qui donnent toujours le sentiment aux Français qu'on leur prépare un mauvais coup".

Une attention spéciale pour Juppé

Puisqu'il est donné gagnant par tous les sondages, c'est Alain Juppé, le maire de Bordeaux, qui a l'honneur de recevoir la plus vive critique de Nicolas Sarkozy. Le chantre de l'"identité heureuse" se voit opposer un cinglant démenti de la part de l'ancien président des Républicains qui en fait une anaphore pour contredire son adversaire: 

"Il n'y a pas d'identité heureuse tant qu'on ne réaffirme pas que l'identité de la France est toujours plus importante que les identités particulières. Il n'y a pas d'identité heureuse quand des milliers de Français nés en France, élevés en France en viennent à haïr à ce point leur patrie. Il n'y a pas d'identité heureuse lorsque les règles de la République sont à ce point bafouées. Il n'y a pas d'identité heureuse lorsqu'on accepte des accommodements 'raisonnables' par souci prétendu d'apaisement" selon Nicolas Sarkozy.

Quelles que soient les critiques de Nicolas Sarkozy à l'égard de ses concurrents, elles n'ont pour le moment par porté leurs fruits. L'ancien président est en chute libre dans les sondages d'opinion réalisés auprès des sympathisants LR. Toujours loin derrière Alain Juppé. 

P.A.