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S'il est élu, Jean-François Copé veut faire passer 15 lois en une journée

Jean-François Copé veut légiférer par ordonnances pour éviter les blocages.

Jean-François Copé veut légiférer par ordonnances pour éviter les blocages. - Joel Saget - AFP

L’ancien patron de l’UMP souhaite notamment, s’il est élu en 2017, faire adopter 15 lois majeures en quelques semaines. Entretien.

Après une longue traversée du désert, Jean-François Copé nourrit désormais de grandes ambitions. Et s'il arrive à ses fins, l’ancien président de l’UMP, désormais candidat à la primaire à droite, veut radicalement changer la façon de gouverner. Quitte à passer en force.

Comment expliquez-vous le recul du gouvernement sur la loi El-Khomri ?

J.F. Copé: Le processus de décision politique est complètement enrayé. Pendant des années et des années, les hommes politiques ont discrédité leur autorité, en reculant au moindre mouvement de protestation. Pas par couardise, mais tout simplement car la méthode de gouvernement entraîne un scénario classique: 1) annonce d’une mesure, 2) contestation par les oppositions (syndicales, politiques, etc), 3) hypermédiatisation de cette opposition, 4) installation d’un rapport de force, et 5) recul systématique du gouvernement sous peine d’être considéré comme incapable de dialoguer. 
Ce processus, on le voit depuis des années, que la gauche ou la droite soit au pouvoir. C’est la loi El-Khomri aujourd’hui, c’était le CPE, le CIP, la réforme des retraites, la loi Devaquet (projet de réforme des universités, ndlr) dans les années 1980, etc.

Quelle serait selon vous la solution pour éviter ce genre de blocages ?

Il faut réformer la méthode de gouvernement. Car les Français nous disent tous que le pays n’est plus commandé. C’est un problème de leadership. Ma proposition, c’est que les 15 décisions les plus importantes pour réformer le pays soient prises par ordonnance, immédiatement après l’élection présidentielle. La procédure législative classique, c’est 18 mois. Autant dire qu’il est impossible d’obtenir quelque chose d’efficace avec un temps aussi long.

Concrètement, quelle forme cela prendrait-il ?

Mon idée, c’est d’utiliser la méthode du général de Gaulle en 1958. La décision, au lieu d’attendre entre autres les décrets d’application, serait prise dans la journée. Si je gagne la primaire, je atèle dès le lendemain à rédiger par écrit avec les meilleurs spécialistes (juristes, économistes, entrepreneurs, citoyens) les textes des 15 décisions qui doivent débloquer le pays. Ces 15 décisions seront rédigées sous forme d’ordonnances. Je fais ensuite campagne dessus en toute transparence.

Et ensuite?

L’élection présidentielle a lieu en mai. Le 2 juillet, la nouvelle assemblée est réunie, et je lui demande de voter alors une loi habilitant le gouvernement à légiférer par ordonnance. Le 4, les ordonnances sont promulguées. Elles sont alors directement applicables. Restera à les ratifier quelques semaines après, soit à la fin de l’été, pour qu’elles soient force de loi. Ainsi, il n’y aura pas de grève – puisqu’il n’y a jamais de grève pendant l’été – et nous aurons des lois qui seront appliquées.

Pensez-vous que les parlementaires accepteront de voir leur rôle affaibli?

Leur rôle ne sera pas affaibli. Premièrement, ils auront fait campagne dessus. Deuxièmement, leur rôle ne sera pas de voter la loi de manière basique, Mais au contraire pour évaluer les mesures qui seront prises, et veiller qu’elles soient appliquées sur le terrain.