BFMTV

Réformes 2018: l'assurance chômage, la formation et l'apprentissage priorités des Français

Édouard Philippe et Emmanuel Macron à l'Élysée le 30 octobre 2017

Édouard Philippe et Emmanuel Macron à l'Élysée le 30 octobre 2017 - Ludovic Marin-AFP

Plusieurs réformes figurent parmi les priorités des Français pour cette nouvelle année. L'une d'entre elles fait l'unanimité, selon un sondage Elabe "L'opinion en direct" pour BFMTV publié ce lundi.

Parmi les premières attentes des Français pour 2018: la réforme de l'apprentissage, de la formation professionnelle et de l'assurance chômage. Selon un sondage Elabe réalisé pour BFMTV et diffusé ce lundi, ce chantier apparaît comme le plus attendu pour cette nouvelle année, quelle que soit la catégorie de population.

Dans le détail, plus de six personnes interrogées sur dix estiment qu'il représente la première des priorités. Cette réforme pourrait intégrer une extension des droits au chômage aux indépendants et aux démissionnaires. Le projet de loi devrait être présenté en avril prochain.

Les réformes de l'asile et du logement attendues

Interrogés sur les chantiers à mettre en œuvre parmi les annonces faites par le gouvernement depuis sa prise de fonction, les Français évoquent ensuite à 40% la réforme du droit d'asile et de la politique d'immigration, puis presque autant celle du logement. Deux autres réformes complètent les cinq priorités des Français: la révision constitutionnelle, à 36%, et la réforme sur la croissance et transformation des entreprises, pour près de trois Français sur dix. 

Chez les plus jeunes, ce sont les réformes du logement et sur la croissance et la transformation des entreprises qui apparaissent en deuxième et troisième positions. Chez les plus âgés, ce sont en revanche les chantiers sur le droit d'asile et la politique d'immigration, ainsi que la révision constitutionnelle. 

Devant le Congrès réuni à Versailles en juillet dernier, Emmanuel Macron avait égrené un ensemble de réformes institutionnelles pour mettre en œuvre un "changement profond". Parmi celles-ci, la réduction du nombre de parlementaires, l'introduction d'une dose de proportionnelle dans le scrutin législatif et le recours au référendum.

NDDL et les fake news loin derrière

D'autres sujets particulièrement médiatisés suscitent pourtant moins d'attente. Malgré la longue polémique sur le projet d'aéroport à Notre-Dame-des-Landes (NDDL), la décision sur ce dossier controversé n'est une priorité que pour 17% des personnes interrogées. Le gouvernement a débuté un ultime tour de table pour échanger avec les élus locaux avant que l'exécutif ne tranche définitivement d'ici à la fin du mois de janvier.

Autre promesse de campagne du candidat Macron: l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes homosexuelles et aux femmes célibataires. Elle n'est attendue qu'à 9%. Pourtant, une majorité de Français s'y sont dits favorables. Aucune date n'a encore été donnée mais Benjamin Griveaux, le porte-parole du gouvernement, a assuré sur notre antenne qu'il n'était "pas inimaginable" qu'une loi entre en vigueur d'ici la fin de l'année. 

Lors de ses récents vœux à la presse, Emmanuel Macron a également annoncé un texte de loi pour lutter contre la diffusion des fake news. Il est le moins cité, à seulement 6%. Une proposition qui ne fait pas l'unanimité. Pour François Kalfon, membre de la direction du Parti socialiste, ce n'est pas si "simple de légiférer" sur ce genre sujet. "Où commence la fake news? Où celle-ci s'arrête-t-elle?" s'est-il interrogé sur notre antenne.

Du point de vue de la répartition politique, les clivages gauche-droite se ressentent. Auprès des électeurs de Jean-Luc Mélenchon et de Benoît Hamon au premier tour de la dernière élection présidentielle, la réforme du logement (48-49%) et la révision constitutionnelle (36-38%) sont en tête. À l'inverse, les électeurs de François Fillon, de Marine Le Pen et les abstentionnistes citent en majorité la réforme du droit d'asile et de la politique d'immigration. Le ministère de l'Intérieur prépare à ce sujet une réforme dure, visant à renforcer le nombre d'expulsions d'étrangers en situation irrégulière. Elle devrait arriver en avril à l'Assemblée nationale.

Une confiance fragile

Autre enseignement de ce sondage: quelle que soit la réforme ou le chantier à mener, la confiance à Emmanuel Macron et à son Premier ministre reste fragile et n'est accordée que par une petite majorité de Français, entre 44% et 57%. Pourtant, la cote de popularité du locataire de l'Elysée a remonté début janvier, gagnant deux points d'opinions favorables.

La réforme de l'apprentissage, de la formation et de l'assurance chômage ainsi que celle sur la croissance et la transformation des entreprises sont néanmoins les chantiers pour lesquels la confiance est la plus large. Faciliter les introductions en bourse, créer des guichets uniques pour les PME et développer l'intéressement des salariés: le gouvernement a précisé fin décembre les pistes de sa future "loi entreprise", issues de 980 propositions remises par des patrons et parlementaires. 

À l'inverse, les réformes qui suscitent le plus de défiance sont celles du droit d'asile et de la politique d'immigration, à 56%, tout comme la réforme de la mobilité attendue pour le premier semestre.

Céline Hussonnois-Alaya