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Sondage BFMTV - 6 Français sur 10 estiment que la mobilisation des "gilets jaunes" doit s'arrêter

Rassemblement de gilets jaunes place Denfert-Rochereau à Paris, le 23 mars 2019 - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Rassemblement de gilets jaunes place Denfert-Rochereau à Paris, le 23 mars 2019 - FRANCOIS GUILLOT / AFP - FRANCOIS GUILLOT / AFP

Selon notre nouveau sondage Elabe "L'Opinion en direct", que nous publions ce mercredi en fin d'après-midi, les Français sont désormais 60% à vouloir que la mobilisation des gilets jaunes s'arrête. Mais le soutien à l'égard de celle-ci est loin de s'effondrer.

Une majorité nette se dégage désormais de la population française pour souhaiter la fin du mouvement des gilets jaunes, sans pour autant que nos concitoyens ne cessent d'être partagés quant à l'opinion à nourrir à l'égard des manifestants. Tels sont les principaux enseignements que l'on peut tirer du nouveau sondage "L'Opinion en direct", conduit par l'institut Elabe pour BFMTV. 

60% des Français veulent l'arrêt du mouvement

60% des personnes sondées déclarent ainsi qu'elles désirent la fin de la mobilisation. Elles n'étaient que 56%, en février dernier. Corollairement, les partisans de la poursuite du mouvement sont passés de 43% à 40%. Les catégories de Français les plus en faveur d'un arrêt du mouvement sont les personnes de 65 ans et plus (70%, +7 points par rapport au 20 février 2019), les 18-24 ans (59%, +14) et les cadres (75%, -5). Les employés sont très divisés sur la question, avec seulement 53% d'interlocuteurs appelant à une cessation des défilés jaunes. Parmi les ouvriers, on ne trouve qu'une minorité de 43% pour appeler à la fin de la mobilisation. 

Les électeurs de Jean-Luc Mélenchon au premier tour de la dernière présidentielle sont parmi les ardents à vouloir assister à une continuité du mouvement, avec un taux de 59%, devancés seulement par ceux de Marine Le Pen, avec 60%, en progression de trois points.

La moitié des Français entre soutien et sympathie

Les Français, pour l'essentiel d'entre eux, auraient donc tourné le dos aux gilets jaunes? L'enquête montre un tableau bien plus complexe. Ainsi, 50% d'entre eux, balançant entre "soutien" et "sympathie", approuvent toujours le mouvement. Ce taux d'approbation, en baisse de trois points par rapport à la mesure réalisée le 19 mars dernier, est certes le plus bas enregistré par la mobilisation depuis sa naissance mais il témoigne d'une basse solide pour les gilets jaunes.

D'autant que si on assiste à un glissement, le satisfecit à l'endroit des gilets jaunes est loin de s'effondrer. 20% des Français soutiennent le mouvement, en chute de quatre points, quand 30% disent leur sympathie, renforcés d'ailleurs d'un point supplémentaire. 15% des Français, en hausse de trois points, affirment être indifférents tandis que l'ensemble des opposants et des personnes hostiles stagnent, voir s'érodent, à 34% (-1%). 

Des clivages persistants 

Les différents clivages entrevus précédemment se retrouvent dans ce segment. L'approbation des gilets jaunes est très large parmi les classes populaires, avec 66%, en progression d'un point, et domine toujours parmi les classes moyennes (52%, +3). On observe un bond chez les retraités, à nouveau au centre de l'actualité sociale ces jours-ci, avec 50% d'approbation, après un accroissement de six points.

En revanche, parmi les classes les plus aisées, on n'enregistre plus qu'un taux de 44% et la glissade est lourde du côté des habitants des communes rurales et des petites agglomérations, avec respectivement des scores de 54%, en chute de sept points, et 51%, après une baisse similaire. 

Un détour par les prismes politiques indique que l’approbation est toujours vigoureuse parmi les électeurs de Marine Le Pen, stable à 73%, et de Jean-Luc Mélenchon, estimée à 68%, bien que fragilisée par une réduction de cinq points. Les sympathisants d’Emmanuel Macron et de François Fillon sont quant à eux une majorité à être opposés ou hostiles à la mobilisation, avec des taux de désapprobation jaugés respectivement à 61% et 57%. 

Un débat national pour rien? 

Enfin, 68% des Français ont dit à l'institut Elabe que les gilets jaunes s'étaient selon eux éloignés de leurs premières revendications, quand 31% ont soutenu l'inverse. L'ensemble des électorats, de celui d'Emmanuel Macron, avec 85%, à celui de Marine Le Pen, à hauteur de 53%, ont posé que la mobilisation avait dévié de ses premières aspirations. 

Une dernière donnée explorée par le sondage ne va pas inciter l'exécutif à l'optimisme. 75% des Français jugent ainsi que le débat national d'Emmanuel Macron ne permettra pas de résoudre la crise, et 60% qu'il ne permettra pas d'améliorer la participation des citoyens aux décisions. 

Sondage mené sur un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité de l'échantillon a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération. Interrogation par Internet les 23 et 24 avril 2019. 

Robin Verner