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Ségolène Royal n'écarte pas l'idée de soutenir Emmanuel Macron

Emmanuel Macron et Ségolène Royal quittant l'Elysée, le 30 mars 2016.

Emmanuel Macron et Ségolène Royal quittant l'Elysée, le 30 mars 2016. - Thomas Samson - AFP

Lorsqu'on lui demande si elle pouvait rallier Emmanuel Macron, Ségolène Royal répond: "Rien n'est fermé". Si elle trouve des vertus au candidat, il semble que cette ouverture soit liée à son inimitié avec Manuel Valls.

Ségolène Royal aime déboussoler son monde. Alors qu’elle intervenait sur le plateau de l’émission Punchline animée par Laurence Ferrari et diffusée sur C8 ce dimanche, elle a glissé quelques commentaires étonnants sur le choix qui pourrait être le sien pour la campagne présidentielle 2017…sans rien dire cependant de décisif.

Des éloges pour Emmanuel Macron

Après avoir défendu la prestation, souvent jugée extravagante, d’Emmanuel Macron lors de son meeting à Paris ce samedi, la ministre de l’Environnement a décerné quelques éloges à l’ancien protégé de François Hollande:

"Il fait un effort pour redéfinir la France dans un monde qui change, dans un monde qui bouge."

Relancée par Laurence Ferrari, celle qui fut la candidate socialiste à la présidentielle en 2007 a assuré:

"Oui, il apporte de l’air à la vie politique." 

Tandis qu’Emmanuel Macron commence à peine à dévoiler son programme, Ségolène Royal n’a pas hésité à assumer les propositions de l’ex ministre de l’Economie: "Ce ne sont pas de mauvaises idées."

Il lui a alors naturellement été demandé si elle se voyait soutenir Emmanuel Macron: "Rien n’est fermé", a rétorqué Ségolène Royal dans un sourire. Cependant, elle affirme ne pas encore avoir arrêté son choix quant à la personnalité dont elle fera son champion ni aux modalités de sa participation à la campagne:

"Je n’ai pas encore décidé comment j’interviendrai."

Des piques pour Manuel Valls

Cette ouverture en direction d’Emmanuel Macron, que d’autres proches de François Hollande ont déjà rallié, comme Jean-Pierre Mignard par exemple, est peut-être avant tout une manière de s’en prendre à Manuel Valls. Les deux ténors du Parti socialiste n’ont jamais eu de bonnes relations. Et Ségolène Royal ne cherche pas à le dissimuler:

"Ce n’est un secret pour personne, j’ai eu des divergences à la fois sur la conception de la gouvernance, précisément de la démocratie participative, du dialogue, de la complexité à prendre des décisions et donc de la nécessité à pousser le plus loin possible l’échange d’arguments, l’écoute... Et puis en même temps les choix fondamentaux sur le défi écologiste, c’est vrai (...) que nous avons eu des divergences très fortes sur la vision du futur."

Royal adoube Cazeneuve à Matignon

Ségolène Royal a aussi loué l'arrivée à Matignon de Bernard Cazeneuve en qui elle voit un "homme de dialogue". Elle en a profité pour, de manière assez transparente, adressé une dernière pique à Manuel Valls:

"Je ne suis pas sûr qu'avec Bernard Cazeneuve on aurait eu le 49.3 sur la loi travail". 

Ségolène Royal ne sait pas encore qui elle soutiendra. Visiblement, elle sait cependant qui elle ne soutiendra pas.

R.V.