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Retraites: pour Mélenchon, Macron est "le seul responsable de toute la violence"

Jean-Luc Mélenchon a estimé ce vendredi, journée de mobilisation interprofessionnelle contre la réforme des retraites, que la violence "est du côté du pouvoir".

Tandis qu'Emmanuel Macron dénonce "des discours politiques extraordinairement coupables" justifiant la violence en France, Jean-Luc Mélenchon a jugé ce vendredi matin que le président de la République est "le seul responsable de toute la violence" qui découle de la mobilisation contre la réforme des retraites. "Il contribue lui-même à tendre inutilement les relations politiques et sociales dans le pays", a-t-il estimé, avant le début des manifestations.

"Le seul responsable de toute la violence c'est lui", a affirmé le chef de file de la France insoumise. "D'abord parce qu'il l'a créée par un projet de réforme qui est sans objet, ensuite parce qu'il est resté indifférent à l'impact économique sur le pays et à la souffrance des gens et qu'il l'a prolongée de façon arrogante".

A l'instar de Ségolène Royal, qui dénonce un "pouvoir qui n'en fait qu'à sa tête", le député des Bouches-du-Rhône a également estimé que "l'opinion a totalement compris que cette fois la violence est du côté du pouvoir et pas du côté des manifestants ou des grévistes". 

"Macron a renoncé à convaincre"

Selon Jean-Luc Mélenchon, le chef de l'Etat y "ajoute une violence politique". Les députés vont désormais devoir délibérer d'"un texte avec des trous dedans", ce qui est "une première dans le monde démocratique", a-t-il déploré: après la polémique sur l'âge pivot présent dans le texte, le gouvernement a ainsi annoncé une "conférence des financeurs" devant proposer d'ici fin avril d'autres moyens "d'atteindre l'équilibre financier".

"Si le gouvernement examine en Conseil des ministres une proposition de loi, clairement ça veut dire que M. Macron a renoncé à convaincre et que son intention c'est de vaincre et ça c'est le pire dans une société démocratique au bout de tant de jours de lutte, tant de jours de grève, tant de souffrances", a-t-il dénoncé.

"Le pire pour le pays"

Jean-Luc Mélenchon est également revenu sur la réforme en tant que telle, qui selon lui "n'est justifiée par aucun impératif": "Il n'y a pas de raison suffisamment grave, qui justifie une telle bascule dans laquelle la majorité de la population, pour ne pas dire la totalité, sera perdante. Et nous sommes prêts à tout moment à en refaire la démonstration au Parlement", a-t-il assuré ce vendredi.

"Le gouvernement décide de passer en force parce que nous savons qu'une fois que le texte va être déposé au Conseil des ministres, il va arriver dans les assemblées et comme d'habitude, la majorité va se mettre en rang et voter en cadence, sans nuance ni changement. C'est le pire pour le pays", a poursuivi Jean-Luc Mélenchon au 51e jour consécutif de grève contre la réforme des retraites. 
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Emmanuel Macron

Manon Fossat