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"Rends l'argent": le slogan qui colle à la peau de François Fillon

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François Fillon comparaît ce lundi devant le tribunal correctionnel de Paris dans le cadre du procès autour des emplois présumés fictifs de son épouse Penelope, également convoquée, ainsi que son ancien suppléant Marc Joulaud. Il y a près de trois ans déjà, durant la campagne présidentielle, un slogan commençait à lui coller aux basques et ne l'a plus lâché depuis: "Rends l'argent!"

A l'issue d'une quinzaine de jours d'audiences, le tribunal correctionnel de Paris condamnera peut-être François Fillon à "rendre l'argent". C'est en effet l'un des enjeux principaux du procès qui s'ouvre ce lundi et s'étendra jusqu'au 11 mars. L'ex-candidat des Républicains à la présidentielle comparaîtra avec son ancien suppléant, Marc Joulaud, et surtout avec son épouse Penelope, dans le cadre de l'affaire autour d'emplois présumés fictifs de cette dernière. 

Slogan star des réseaux sociaux 

L'ex-homme politique, reconverti dans les affaires, est poursuivi pour détournement de fonds publics, complicité et recel de détournement de fonds publics, complicité et recel d'abus de biens sociaux et manquement à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Penelope Fillon fait face à des chefs de complicité et recel des délits de détournement de fonds publics et d'abus de biens sociaux. Marc Joulaud, ancien suppléant de François Fillon à l'Assemblée nationale, ancien député européen et maire de Sablé-sur-Sarthe, dont Penelope Fillon a été la collaboratrice entre 2002 et 2007, affronte une accusation de détournement de fonds publics.

L'Assemblée nationale a par ailleurs annoncé demander 1.081.219 euros de dommages et intérêts à François Fillon et Marc Joulaud. Un grief qui semble un lointain et très concret écho au slogan sarcastique qui avait nimbé d'une ambiance goguenarde la campagne présidentielle de l'ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy: "Rends l'argent".

Mi-cri du coeur, mi-éclat de rire, l'expression a jailli sur Internet dès les premières révélations distillées par Le Canard enchaîné au mois de janvier 2017. Sur les réseaux sociaux, elle a bien sûr fait l'objet de moult détournements non dénués de fonds, comme dans cette vidéo tirée du Roi Lion.

"Est-ce qu'il a rendu l'argent?"

Mais la toile n'a pas contenu longtemps l'impératif. Comme le rappelait ici Le Monde, dès le 10 février, des "Fillon escroc, rends l'argent!" retentissaient lors du meeting du candidat à Poitiers, tandis que l'équipe de campagne expliquait au quotidien du soir qu'elle recevait, à la fin mars, des dizaines d'appels d'insultes et de "rends l'argent" par jour. Des salariés de la plateforme de streaming musical Deezer laissaient quant à eux la désormais célèbre formule bien en évidence sur les écrans de leurs ordinateurs lors d'une visite de François Fillon, et peu avant le premier tour du scrutin des panneaux de la mairie de Paris, piratés, plastronnaient ces deux mots ravageurs. 

Au préalable, le 4 avril 2017, durant le débat confrontant les onze candidats, Jean-Luc Mélenchon avait mis les rieurs de son côté en lançant: "La finance doit rendre l’argent". Le visage impavide de François Fillon était alors apparu devant la caméra du réalisateur. 

Et la moquerie a suivi le candidat bien au-delà de sa défaite. En mars 2018, environ un an après son échec, un internaute demandait, sans autre forme de précision, au site de fact-checking de Libération Checknews: "Est-ce qu'il a rendu l'argent?" Un simple pronom et rien de plus, comme si François Fillon avait tout entier disparu derrière ce commandement lapidaire. 

Robin Verner