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Quand Macron rappelle à Le Pen qu'elle choisit les journalistes qui l'interrogent

Lors d'un échange tendu autour de la polémique déclenchée par les propos de Marine Le Pen sur la rafle du Vel d'Hiv, Emmanuel Macron a reproché à la candidate d'avoir obtenu la mise à l'écart de la journaliste Anne-Claire Coudray du débat présidentiel.

A quatre jours du second tour de la présidentielle, le débat entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen a pris un ton particulièrement virulent ce mercredi soir. Après de violents échanges sur le terrorisme et la lutte contre la radicalisation, la polémique déclenchée début avril par Marine Le Pen sur la rafle du Vel d'Hiv s'est invitée dans les échanges.

La candidate du Front national avait estimé que la France n'était pas responsable de la rafle du Vel d'Hiv en 1942 à Paris, au cours de laquelle plus de 13.000 juifs avaient été arrêtés pour être déportés. 

"Ce sont bien des policiers français qui sont allés chercher des juifs, c’est la réalité. Moi je suis pour regarder notre passé en face, pour dire la vérité que nous devons à tous nos concitoyens et pas cultiver les haines comme vous l’avez encore fait trop récemment", a déclaré Emmanuel Macron ce mercredi soir. 
"Moi je considère que la France était à Londres, j’ai cette opinion qu’avait le Général de Gaulle, qu’a toute une série de gens, qui considère qu’il s’agissait en l’occurrence du Régime de Vichy", a rétorqué Marine Le Pen.

"Ce n'est pas moi qui ai récusé un journaliste pour ce débat"

Après cet échange, le ton est encore monté, quand Emmanuel Macron a fait allusion aux accusations faites à Marine Le Pen en amont de ce débat. La candidate aurait refusé d'être interviewée par Anne-Claire Coudray, ce qui aurait conduit à l'éviction de la journaliste de TF1 pour cet événement de l'entre-deux tours. Marine Le Pen affirmait alors qu'elle n'avait pas évoqué d'elle-même la rafle du Vel d'Hiv. 

- "C’est un journaliste qui m’a posé la question.
- Oui, c’est vrai, c’est un journaliste que vous n’aviez peut-être pas choisi et que vous avez laissé vous interroger librement.
- J’en choisis pas beaucoup vous savez je sais que vous vous pouvez les choisir mais moi ça ne m’arrive jamais", s'est défendue Marine Le Pen.
- "Ça n’est pas moi qui ai récusé un journaliste pour ce débat", a lâché Emmanuel Macron, mettant un terme à cet échange. 

Depuis le début de la campagne présidentielle, le FN a en outre interdit à certains journalistes de couvrir les meetings de la candidates et d'autres événements officiels. Les journalistes chargés de suivre le parti d'extrême-droite pour l'émission Quotidien et pour le site Mediapart sont ainsi blacklistés depuis plusieurs mois. 
Charlie Vandekerkhove