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Pour Montebourg, Macron est un "propulseur" du Rassemblement national

Invité de Et en même temps, l'ancien ministre de l'Économie (et prédécesseur d'Emmanuel Macron à ce poste) a vigoureusement critiqué la politique mise en œuvre par le chef de l'État.

Il a tourné la page de la vie politique, mais demeure un contempteur zélé du macronisme. Invité ce dimanche de Et en même temps sur BFMTV, l'ancien ministre de l'Économie Arnaud Montebourg, reconverti depuis un an dans la production de miel, a adressé une violente pique au chef de l'État, qui lui avait d'ailleurs succédé à Bercy en 2014. Selon l'ex-socialiste, Emmanuel Macron est non pas un rempart contre le Rassemblement national, mais son "propulseur" électoral.

"Madame Le Pen a fait 34% (à l'élection présidentielle), là elle est donnée à 45%, donc en deux ans et demi de macronisme, on est a 11 points de plus, (...) elle n'est plus qu'à 5 points de la victoire. Donc encore un petit effort, Monsieur Macron va réussir à installer Madame Le Pen. (...) Ça s'appelle pas un rempart, ça s'appelle un propulseur", a taclé Arnaud Montebourg. 

Pour parer à l'actuelle ascension du RN, celui qui avait plus longuement occupé le ministère du Redressement productif (dans les faits celui de l'Industrie) suggère au président de la République de "changer de politique". Et de résumer la situation, dramatique selon lui, du pays:

"Aujourd'hui, Monsieur Macron a décidé d'adapter la France aux standards mondiaux de la mondialisation, qui elle-même est en train de disparaître. Donc il a 15 ans de retard. Le 'nouveau monde', c'est en fait l'ancien."

"La France a besoin d'être elle-même"

D'après Arnaud Montebourg, "ce dont les Français rêvent, (...) c'est que la France affirme ce qu'elle est; c'est le pays du général de Gaulle, c'est le pays de Napoléon Bonaparte, de Louis XIV".

"La France a besoin d'être elle-même, pas d'imiter les autres; le modèle allemand, qui est un anti-modèle, (...) ou l'Amérique, (...) les Américains sont les premiers à nous taper dessus! Est-ce que la France va s'affirmer? C'est ça, le sujet. Donc si on ne crée pas les conditions de cette affirmation, je crains le pire", a-t-il conclu, adoptant une tonalité semblable à celle d'un Jean-Pierre Chevènement.
Jules Pecnard