BFMTV

Pour Mignard, Hollande "jouera un rôle important" dans la future majorité de Macron

L'ami de François Hollande, qui soutient Emmanuel Macron dans la course à l'Elysée, estime que le chef de l'Etat, qui quittera ses fonctions en mai, aura un rôle à jouer au sein de la future majorité.

Très proche de François Hollande, avec lequel il a oeuvré au sein du Parti socialiste, l'avocat Jean-Pierre Mignard avait annoncé en décembre son ralliement à Emmanuel Macron, avant de rejoindre le comité politique du mouvement En Marche!, en janvier. 

Le renoncement de Hollande permet la "recomposition politique"

Dans une interview accordée à L'Opinion, Jean-Pierre Mignard revient sur le renoncement de François Hollande à être candidat à sa propre succession. Une décision que le président de la République avait annoncée le 1er décembre 2016. Pour l'avocat, en agissant ainsi, François Hollande, avec qui il est toujours en contact, a fait la preuve qu'il est "plus attaché à un dépassement du système qu'à son propre avenir".

"C'est un acte civique de belle importance. Il avait le sentiment qu'il était lui-même porteur du renouveau et qu'il pouvait conduire la recomposition politique. C'est donc son renoncement qui la permet", estime ainsi cet ami très proche du chef de l'Etat, ajoutant que selon lui, François Hollande jouera évidemment un rôle important", dans la future majorité. 

-
- © BFMTV

La "plus grande erreur" de Hollande

A l'heure où plusieurs figures du PS ont annoncé qu'elles soutiendraient Emmanuel Macron et non pas Benoît Hamon, le candidat du parti, dans la course à la présidentielle, Jean-Pierre Mignard revient par ailleurs sur la genèse d'En Marche!, et notamment sur les erreurs passées du PS en termes d'ouverture. "La grande transgressive, c'est Ségolène Royal", estime-t-il.

"Après avoir été désignée comme candidate (pour la présidentielle de 2007, ndlr), elle a l'idée de demander à François Bayrou d'être son Premier ministre si elle était élue. En 2007, elle est perçue par les socialistes comme Emmanuel Macron l'est aujourd'hui", développe-t-il.

Mais s'il salue cette tentative d'ouverture de la part de l'ex-candidate, il juge sévèrement les positions d'alors de François Hollande. 

"François Hollande est favorable à toutes les ouvertures à condition que le PS soit hégémonique au sein de la nouvelle alliance. Le PS peut ouvrir, mais à condition que les socialistes gardent les clefs. Une idée qu’Emmanuel Macron est en train de dynamiter", analyse l'avocat, pour qui la non-ouverture vers François Bayrou en 2012 a été "la première erreur" et "la plus grande erreur" de l'actuel chef de l'Etat. 

"Un ralliement ne peut simplement acter un désaccord"

Quant à Emmanuel Macron, qu'il soutient pour cette présidentielle, Jean-Pierre Mignard rappelle qu'il "ne veut pas négocier son programme avec des partis". 

"Un ralliement ne peut simplement acter un désaccord avec Benoît Hamon ou avec François Fillon. Au deuxième tour, si un parti appelle à voter pour Emmanuel Macron, de gauche ou de droite, pour bloquer Marine Le Pen, il faudra trouver des formules de pacte, des formules transpartisanes", martèle l'homme de droit. 

Un chantier qui se poursuivra nécessairement au-delà de l'élection, selon lui. "Après la présidentielle, il y a un autre chantier qui va s’ouvrir : créer un grand parti démocrate et progressiste qui sera au-delà d’En Marche!". Et de conclure: "Les socialistes, au sein du PS, devront se poser la question de savoir s’ils veulent continuer à vivre ensemble". 

A.S.