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 Hamon ou Macron? Pour leur éviter de choisir, Hollande appelle ses troupes à la cohésion face au FN

François Hollande, le 23 janvier 2014, à Paris.

François Hollande, le 23 janvier 2014, à Paris. - ALAIN JOCARD - AFP

Lors d'un conseil des ministres élargi ce mercredi, le chef de l'Etat a estimé que le gouvernement devait rester "un lieu de débat et de cohésion".

Entre un ralliement à Benoît Hamon ou à Emmanuel Macron, de nombreux ministres restent dans l'hésitation. François Hollande, qui n'a lui-même pas encore déclaré qui il soutenait dans la course à la présidentielle, tente de repousser cette question cruciale et d'éviter une rupture au sein du gouvernement. Le Président propose donc à ses ministres une sorte de troisième voie, qui se concentre sur l'opposition à la "menace de l'extrême droite". Mais il s'abstient de valider l'idée d'un "vote utile" en faveur d'Emmanuel Macron et appelle ses troupes à ne pas choisir à ce stade de la campagne.

Lors d'un conseil des ministres élargi, auquel participaient aussi les secrétaires d'Etat, François Hollande a fait passer ce mercredi un message à plusieurs niveaux. 

"Le gouvernement doit rester un lieu de débat et de cohésion" face à "la menace de l'extrême droite et à la menace explicite vis-à-vis du projet européen", remis en cause par le Front national qui prône "la sortie de l'euro", a déclaré le chef de l'Etat, selon Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement.

"Une somme de personnalités politiques"

"Cette menace (...) nécessite plus que jamais que le gouvernement soit présent, acteur pour protéger les Français" afin "jusqu'au bout, de leur apporter les réponses qu'ils souhaitent", a-t-il insisté.

Un appel à la cohésion et à la mobilisation qui recouvre également les divergences apparues au sein du gouvernement, entre ceux qui soutiennent le candidat socialiste et ceux qui penchent pour celui d'En Marche!. Sur ce point, Stéphane Le Foll a estimé que le gouvernement était "une somme de personnalités politiques" dont l'expression est "légitime dans un moment politique aussi important".

En privé, nombreux sont les ministres qui font part de "leurs doutes", après ceux exprimés publiquement par Patrick Kanner dans le JDD, et ceux de Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, dans Le Monde. "La question du vote utile est posée", confie un poids lourd du gouvernement, inquiet d'un éventuel second tour opposant Marine Le Pen à François Fillon, donné à ce stade en troisième position derrière Emmanuel Macron dans plusieurs sondages.

Cambadélis "comprend les interrogations"

La rumeur du ralliement du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian est plus que jamais dans l'air. "C'est le ministre le plus important, celui qu'Emmanuel Macron travaille le plus", confie une source au sein d'En marche!. Mardi Jean-Christophe Cambadélis, a appelé les socialistes à patienter. 

"Je dis à tout le monde: 'gardez votre sang-froid'. Il faut prendre le temps que la campagne s'installe", a-t-il déclaré sur le plateau de l'Epreuve de vérité (Public Sénat/Les Echos/Radio classique/AFP).

"Pour battre Marine Le Pen il faut une dynamique populaire et il ne faut pas de 'pipolisation'. Il faut un ensemble avec des propositions qui mobilisent le peuple", a-t-il ajouté.

"Je fixe des limites, tout en comprenant les réflexions, les interrogations. Je ne suis pas un épurateur, mais un rassembleur", a-t-il fait valoir, à propos des socialistes tentés de rejoindre le camp Macron. 

Hamon ironise sur les oiseaux migrateurs

En meeting mardi à Marseille, Benoît Hamon a sans surprise concentré ses attaques contre Emmanuel Macron, en dénonçant notamment l'idée qu'il puisse faire office de "vote utile". Le projet d'Emmanuel Macron, "ça n'est pas le vote utile contre le Front national. C'est au contraire le projet qui en France comme ailleurs peut accélérer la montée en puissance du Front national", a-t-il fustigé. Mais le candidat vainqueur de la primaire n'a pas résisté à la tentation d'évoquer ces socialistes hésitants.

"J'observe que les oiseaux migrateurs sont en train d'aller se faire une place au chaud. Quel courage !", a-t-il ironisé.

Charlie Vandekerkhove avec AFP