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Pour Jean-Marie Le Pen, "Sarkozy se jean-marise!"

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Jean-Marie Le Pen aiguise ses petites phrases, à la veille de son procès contre le Front national. Jugeant sa fille trop "centriste", le père estime que c'est Nicolas Sarkozy qui "occupe le terrain" de Marine Le Pen.

Le fondateur du FN n'entend pas abandonner son parti si facilement. Face aux juges mardi pour contester son éviction du Front national, Jean-Marie Le Pen compte demander deux millions d'euros et sa réintégration en tant que président d'honneur. Mais dans Le Parisien, le patriarche d'extrême-droite s'attarde sur la situation politique de Marine Le Pen à l'orée de la présidentielle de 2017.

Une stratégie "suicidaire"

La stratégie de dédiabolisation entamée par sa fille a relégué la flamme et même le nom même de Front national au rang de reliques. Absents des affiches de campagne de Marine Le Pen, les deux symboles ont disparu, ainsi que le nom de Le Pen auquel on préfère désormais le prénom de Marine, en témoigne le nom du Rassemblement Bleu Marine. Un changement d'identité qui ne plaît pas du tout à Jean-Marie Le Pen, qui juge ce ravalement "suicidaire": 

"Renoncer à la flamme, au sigle FN, à la ligne qui nous a conduits jusqu'au premier plan, c'est suicidaire" estime Jean-Marie Le Pen.

L'ancien président du FN et candidat à la présidentielle n'est d'ailleurs pas certain de voter pour sa fille en 2017. "Je ne sais pas, explique Jean-Marie Le Pen. C'est dans sept mois. D'ici là, il peut se passer beaucoup de choses". 

Sarkozy se "jean-marise"

Le député européen le sait, Marine Le Pen n'est plus seule à mener une campagne sur les terrains de l'identité et de la laïcité. En embuscade, Nicolas Sarkozy a choisi de faire campagne très à droite pour se démarquer de son principal rival à la primaire, Alain Juppé. Une attitude qui fait dire à Jean-Marie Le Pen que sa fille pourrait se faire doubler. 

"Il (Sarkozy) occupe au fur et à mesure le terrain que Marine Le Pen évacue pour aller vers le centre. Lui, au contraire, quitte de plus en plus le centre pour aller vers la droite nationale populaire et sociale qui est en train de conquérir l'opinion sous la pression des événements" analyse Le Pen.

Et forcément, la ligne Sarkozy rappelle à Jean-Marie Le Pen la sienne, qu'il compte mener lors des prochaines législatives via des listes dissidentes. Alors qu'on lui demande si Sarkozy se rapproche de lui, Jean-Marie Le Pen lâche: "Ce n'est pas moi qui me sarkozyse, c'est lui qui se jean-marise!" Et affirme qu'il n'est "pas sûr" que le calendrier judiciaire qui rattrape l'ancien président "soit gênant pour lui".

Paul Aveline