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Passeports de Benalla: l'opposition demande "la vérité" à l'Elysée

Alexandre Benalla - Image d'illustration

Alexandre Benalla - Image d'illustration - Bertrand Guay - AFP

De tous les côtés de l'échiquier politique, les élus sont formels: l'Elysée doit s'expliquer sur la situation du chargé de mission déchu.

Au lendemain des nouvelles révélations des journalistes de Mediapart, selon lesquelles l'ancien chargé de mission de l'Elysée Alexandre Benalla aurait continué à utiliser ses passeports diplomatiques dans le cadre de voyages privés malgré son éviction, l'opposition ne cache pas sa colère. Nombreux sont les élus, sénateurs et députés de tous bord, à exiger des explications de la part du palais présidentiel et d'éventuelles suites judiciaires. 

"Pour qui se prend ce monsieur qui semble jouir d’une impunité absolue?" s'insurge, au micro de BFMTV, le député UDI d'Eure-et-Loir Philippe Vigier. 

"S'il avait été un citoyen de base, un citoyen normal, il aurait rendu ses passeports ou bien on aurait été les chercher chez lui. J’attends vraiment qu’à l’Elysée on prenne la mesure de ce qui se passe avec ce gars qui est un poison pour la République" a-t-il ajouté.

Les Républicains en colère

Cette demande de clarté se retrouve dans le bouche de bon nombre d'élus de droite, dont le sénateur LR du Nord, Marc-Philippe Daubresse, qui explique quant à lui qu'il "appartient à la justice d'en tirer les conséquences." 

"Il est grand temps qu’on tourne toutes ces pages, qu’on revienne à un fonctionnement normal des institutions en respectant les pouvoirs, les contre-pouvoirs, les élus locaux, la démocratie sociale et les syndicats, ce qui n’a pas été fait jusqu’ici malheureusement" martèle-t-il, toujours sur BFMTV.

Pour Laurence Sailliet, l'une des porte-parole du parti de Laurent Wauquiez, "c'est au président de dire la vérité sur cette affaire c'est très grave. Il y a mensonge et dissimulation. Comment est-ce possible que l'Elysée ne le sache pas et le ministère de l'Intérieur? C'est très inquiétant."

Ce jeudi, le ministère des Affaires étrangères a affirmé avoir réclamé fin juillet la restitution des deux passeports. 

A gauche, on demande des explications

De l'autre-côté de l'échiquier politique, les réactions ne sont pas tendres non plus. Pour le député LFI Eric Coquerel, il faut "rouvrir une commission d'enquête à l'Assemblée nationale sur tous les tenants des affaires Benalla. Ce serait un minimum dans une démocratie normale."

Rachid Temal, le secrétaire national du PS, estime qu'Alexandre Benalla "est quelque part le sparadrap d'Emmanuel Macron" qu'il appelle lui aussi à "s'expliquer".

"Ça suffit! Je crois qu'à un moment ou à un autre il faudra qu'(Emmanuel Macron) s'exprime sur le sujet", avance lui-aussi Jean-Christophe Lagarde, le chef de file des députés UDI-Agir.

Une affaire qui embarrasse LaREM

Au sein même du parti présidentiel, la possibilité d'un "Acte 2" de l'affaire Benalla semble irriter. Cendra Motin, une députée Marcheuse regrette une "faute" et un "dysfonctionnement grave" des services de l'Élysée. Le député Bruno Questel souhaite lui "une enquête administrative du ministère des Affaires étrangères".

Toujours au micro de BFMTV, le sénateur LaREM Julien Bargeton assure "qu'on ne peut pas laisser dire que rien n'a été fait, le quai d’Orsay a demandé à ce qu’on lui remette ces passeports." 

"Si la commission d’enquête souhaite rouvrir le cas elle est libre, c’est le rôle du parlement et du bicamérisme de contrôler l’exécutif. Bien sûr qu’elle peut le faire si elle le souhaite parce que visiblement Alexandre Benalla a, aurait peut-être menti" ajoute-t-il. 

Dans l'attente de ces hypothétiques explications, la présidence a elle-même demandé des comptes à l'ancien chargé de mission de l'Elysée, remercié cet été après sa mise en cause dans des violences lors de manifestations du 1er mai. Elle l'a sommé de s'expliquer sur ses "éventuelles missions personnelles et privées" menées "comme consultant", y compris quand il était encore en fonction.

Hugo Septier