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Les passeports de Benalla avaient disparu de son bureau

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Les deux passeports diplomatiques de l’ancien chargé de mission n’étaient pas dans son bureau quand il a été fouillé par les enquêteurs en juillet, selon nos sources. Or, Alexandre Benalla a affirmé au Sénat en septembre qu’ils s’y trouvaient et son entourage indique qu’il les a récupérés en octobre.

Où sont passés les passeports diplomatiques d’Alexandre Benalla entre juillet et octobre? Selon nos informations, les deux titres d’identité n’ont pas été retrouvés par les enquêteurs lors de la perquisition menée dans le palais présidentiel le 25 juillet. Le bureau de l’ancien "M. Sécurité", situé au premier étage de l’aile ouest et fermé à clé après sa révocation, avait été réouvert ce jour-là en sa présence. Sans que les deux documents si particuliers n’y soient visibles. 

Les passeports récupérés par Benalla en octobre

Au moment de son entretien de départ, Benalla a remis son épinglette (qui identifie sur un costume l’appartenance à l’Elysée) et son badge, se conformant à la procédure, mais il n’a pas restitué ses passeports. L’Elysée a donc signalé au Quai d’Orsay et à l’Intérieur que les passeports étaient toujours en circulation – charge à ces administrations de les récupérer après le 1er août, date officielle de sa rupture de contrat.

Lors de son audition devant la commission des Lois au Sénat, requalifiée en commission d’enquête, Alexandre Benalla a pourtant déclaré le 19 septembre: "Est-ce qu’ils ont été rendus? Ils sont au bureau que j’occupais à l’Elysée, donc je pense que l’Elysée a dû s’en occuper". Il a fait savoir ce vendredi par son entourage qu’il avait récupéré les deux documents plus tard, sans doute en octobre, via un salarié de l’Elysée. 

Où se trouvaient les passeports?

Ces éléments soulèvent des questions. Où étaient ces passeports entre juillet et octobre? Aux mains d’un mystérieux "salarié" du palais, d’une autre personne, de Benalla lui-même? Ont-ils été cachés aux enquêteurs? 

Le Sénat a laissé entendre qu’il pourrait demander de nouvelles explications au principal intéressé, au vu des derniers développements de cette affaire rocambolesque.

Un parjure peut être puni d’une condamnation allant jusqu’à 5 ans de prison et 75.000 euros d’amende. Rien ne confirme par ailleurs, et à ce stade, que Benalla ait abusivement fait usage d’un passeport diplomatique au moment précis de ses passages aux frontières. 

Nicolas Prissette