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Les proches de François Hollande dénoncent la "dérive" d'Emmanuel Macron

Stéphane Le Foll (à gauche) et François Rebsamen, alors ministres de l'Agriculture et du Travail, à l'Assemblée nationale le 22 octobre 2014.

Stéphane Le Foll (à gauche) et François Rebsamen, alors ministres de l'Agriculture et du Travail, à l'Assemblée nationale le 22 octobre 2014. - Eric Feferberg - AFP

A l'occasion de la rentrée des élus socialistes, Stéphane Le Foll et François Rebsamen ont critiqué les premiers mois de mandat d'Emmanuel Macron, aux côtés duquel ils ont été tous deux ministres.

Les figures du PS profitent de la rentrée pour refaire surface, à l'occasion d'un séminaire réunissant les élus socialistes à La Rochelle jusqu'à samedi. Stéphane Le Foll et François Rebsamen, proches de François Hollande, ont tous deux taclé de part et d'autres la première année de mandat d'Emmanuel Macron.

Stéphane Le Foll, désormais maire du Mans, compte proposer aux militants socialistes "un manifeste des socialistes français(e) et européen(e)s" dans lequel non seulement il défend une "croissance 'sûre'", mais dénonce aussi "l'omniprésence, la centralité du pouvoir, la méfiance vis-à-vis des contre-pouvoirs", "l'hypercentre" et "la primauté de l'élection présidentielle sur tout le reste" dans le pouvoir macronien. L'élu PS y voit une présidence "bonapartiste" qui constitue "un risque pour notre démocratie".

"Un libéralisme très peu teinté d'avancées sociales"

"Sa méthode, c'est le plébiscite permanent car tout est décidé à l'Élysée et il veut tout contrôler", critique-t-il dans une interview au Figaro le 19 août. "Quand on veut gouverner un pays comme la France, il ne faut pas déclencher un tourbillon de réformes face à un monde qui bouge rapidement", estime Stéphane Le Foll, qui juge le Président "trop pressé".

De son côté, François Rebsamen, ancien ministre du Travail et président de la Fédération nationale des élus socialistes et républicains (FNESR) dénonce une "dérive" du quinquennat actuel qui le "surprend". Il décrit notamment "un libéralisme très peu teinté d'avancées sociales" dans une interview au Monde ce jeudi.

Le proche de François Hollande regrette par ailleurs que le Président ne "reconnaisse" pas avoir "profité des mesures du précédent quinquennat" alors qu'il y était ministre. François Rebsamen dénonce des "réformes prises dans une impréparation totale", sans "ligne directrice à part favoriser les plus aisés qui l'ont aidé à gagner".

Pour lui, l'affaire Benalla en "dit long sur la conception jupitérienne qu’Emmanuel Macron a de l’exercice du pouvoir". "La démocratie fonctionne bien quand les corps intermédiaires sont respectés, or M. Macron n’a de cesse de les abaisser depuis son arrivée", assène-t-il.

Le groupe Nouvelle Gauche bientôt rebaptisé Groupe socialiste?

Le socialiste regrette par ailleurs que le PS n'ait pas organisé d'université d'été cette année, signe pour lui "qu'un parti politique se délite". Pour contrer ce courant, "il ne faut pas avoir peur de François Hollande, ni de notre histoire", affirme-t-il dans Le Monde. "Si on continue d’avoir peur de notre nom ou de notre histoire, le PS peut disparaître", craint l'élu socialiste.

C'est d'ailleurs en ce sens que, selon des informations BFMTV, la députée socialiste Valérie Rabault va proposer lors des journées parlementaires des 10 et 11 septembre de rebaptiser son groupe parlementaire "Groupe socialiste" au lieu de "Nouvelle Gauche", leur étiquette depuis 2017.

L'ombre de François Hollande plane encore sur le PS mais n'a pour le moment pas de conséquences concrètes. Si l'ancien Président distille ses commentaires sur Emmanuel Macron, notamment dans son livre Les leçons du pouvoir, les Français ne semblent pas pressés de le revoir à tête de l'Etat. Selon un sondage Ifop pour Le Figaro diffusé mercredi, seuls 17% des sondés espèrent sa candidature en 2022, et 44% parmi les sympathisants socialistes.

Liv Audigane, avec Jean-Rémi Baudot