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Loi Macron: Christian Estrosi dénonce "une sorte de coup d'Etat"

Les réactions pleuvent à la suite de la décision du gouvernement de faire recours au 49-3 pour la loi Macron. Pour le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, il s'agit même d'une sorte de coup d'Etat".

Les réactions pleuvent à la suite de la décision du gouvernement de faire recours au 49-3 pour la loi Macron. Pour le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, il s'agit même d'une sorte de coup d'Etat". - Thomas Samson - AFP

Après le recours au 49-3 pour la loi Macron, des réactions de l'ensemble de la classe politique ne cessent de pleuvoir. "Coup d'Etat" pour Christian Estrosi, un "terrifiant aveu d'échec" pour Marine Le Pen ou encore le "décès de la majorité" pour Jean-Luc Mélenchon, en voici une sélection.

"C'est de tout évidence une sorte de coup d'Etat." Christian Estrosi a été l'un des premiers à réagir à la décision prise par le Premier ministre Manuel Valls, ce mardi, d'engager la responsabilité du gouvernement sur la loi Macron

Pour le député-maire UMP de Nice, les mots choisis sont volontairement forts. "Jamais nous avions utilisé le 49-3 lors que nous étions au gouvernement", s'est-il également targué l'opposant au micro de BFMTV. Une déclaration à nuancer: s'il est vrai qu'aucun recours à cet article n'a eu lieu sous la mandature de Nicolas Sarkozy, de 2007 à 2012, Dominique de Villepin y avait eu recours le 9 février 2006 pour le projet de loi sur l'égalité des chances. Christian Estrosi était alors Ministre délégué à l'Aménagement du territoire.

"Le gouvernement a volé la voix des Français"

Evoquant une consultation référendaire locale qu'il organisera ce jeudi soir dans sa ville de Nice contre la loi Macron, l'ancien ministre a appelé les Français à surveiller ce vote local:"Les Niçois s'exprimeront contre cette attitude du gouvernement qui a volé leurs voix, à travers le vote des députés qui n'ont pas pu s'exprimer", a-t-il encore affirmé.

Mélenchon tacle Valls: "La preuve que son machin ne passe pas"

De son côté, Jean-Luc Mélenchon s'est déchaîné après l'annonce de l'utilisation de l'article 49-3 sur le projet de loi Macron:

"C'est un échec pour le Premier ministre", a-t-il affirmé. "Il s'est révélé cet après-midi sans majorité et il a pris le seul outil qui est à sa disposition, c'est-à-dire un outil de contrainte, de menace, pour faire passer sa loi", a-t-il déclaré à la sortie d'un rendez-vous à l'Élysée avec François Hollande, pour évoquer la situation de la Grèce.

L'utilisation de l'article 49-3, "c'est la preuve que son machin ne passe pas. Il y a une majorité normalement de députés de gauche dans cette Assemblée et ça ne suffit pas pour faire passer une loi paraît-il de gauche d'après Monsieur Valls? C'est bien parce que c'est une loi de droite", a-t-il ajouté.

"C'est une arme de destruction massive de majorité parlementaire, de mise au pas", a encore ajouté Jean-Luc Mélenchon, en évoquant l'article 49-3, et "c'est un échec, le constat de décès de la majorité de 2012".

Marine Le Pen réclame la démission du gouvernement

Pour la présidente du Front national, "Valls devrait présenter la démission de son gouvernement". "Le gouvernement avoue lui-même qu'il n'a plus la majorité", a-t-elle poursuivi. "Suivant la lettre des institutions, le gouvernement doit revenir devant le peuple avec une dissolution de l'Assemblée nationale." D'après elle, une dissolution permettrait de "rebattre les cartes avec une Assemblée nationale plus représentative des aspirations de nos compatriotes".

"C'est un terrifiant aveu d'échec, la démonstration que le gouvernement n'a plus de majorité, et c'est ça l'événement du jour: clairement, il n'a plus de majorité, il utilise un article qui force le passage. Ça aura pour conséquence un affaiblissement du gouvernement, et c'est surtout totalement en contradiction avec ce à quoi s'était engagé Manuel Valls qui hier soir indiquait encore qu'il ne recourrait pas au 49-3. C'est en contradiction avec ce que Hollande avait du 49-3, il appelait ça une 'brutalité' et un 'déni de démocratie'", a assuré l'eurodéputée.

Membre du Rassemblement bleu marine, le député du Gard Gilbert Collard a accusé de son côté Manuel Valls d'avoir "braqué sa majorité au 49-3". "Haut les mains pour voter!", a-t-il ensuite caricaturé, sur son compte twitter.

Pour les frondeurs socialistes, "ce n'était pas la loi du siècle"

"Peut-être que ça va faire réagir le gouvernement", a espéré le député socialiste, et membre des frondeurs, Pouria Amirshahi au micro de BFMTV, évoquant la fragile majorité dont dispose désormais le PS à l'Assemblée nationale et qui a conduit Manuel Valls à invoquer le 49-3. "Il y a un besoin aujourd'hui de remettre des mesures sociales, économiques et écologiques pour qu'on se retrouve", a-t-il encore affirmé.

"Franchement, la loi Macron, ce n'est pas loi du siècle", a tancé de son côté le frondeur socialiste Christian Paul, député de la Nièvre. "Cela ne nécessitait pas qu'on mobilise tous les vieux outils rouillés de la Ve République, dont l'article 49-3", a-t-il dénoncé. "Puis surtout c'est une loi à contre-emploi", a-t-il poursuivi, "puisqu'elle ne respecte pas nos engagements et nos combats passés".

Noël Mamère: "Il ne faut pas s'étonner"

"Il ne faut pas s'étonner que le manche du râteau revienne dans la figure du Premier ministre", a réagi de son côté Noël Mamère. L’écologiste, ancien membre d'EELV, a fustigé une loi "fourre-tout" qui va "à l'encontre des engagements pris par le président de la République et le gouvernement". Cependant, le député-maire de Bègles a assuré, toujours au micro de BFMTV. que "aucun d'entre nous n'a envie de faire tomber le gouvernement" car "si la droite revenait au pouvoir ce ne serait encore pire".

Jé. M.