BFMTV

Cazeneuve rappelle à Sarkozy qu'il n'a fermé aucune mosquée entre 2007 et 2012

Bernard Cazeneuve a joué les journalistes pour factchecker les propos de Nicolas Sarkozy.

Bernard Cazeneuve a joué les journalistes pour factchecker les propos de Nicolas Sarkozy. - BFMTV

Le ministre de l'Intérieur a démenti mercredi lors des questions au gouvernement les propos de Nicolas Sarkozy tenus le matin même sur Europe 1.

Un drôle d'exercice de factchecking a été observé à l'Assemblée nationale mercredi après-midi. Sans citer nommément Nicolas Sarkozy, le député socialiste Sébastien Pietrasanta a interpellé le gouvernement au sujet des propos qu'au tenu l'ancien président sur Europe 1, où il a fait valoir qu'il avait fermé "plusieurs" mosquées salafistes ou radicalisées sans être en mesure de préciser combien.

Dans sa réponse, le ministre de l'Intérieur a démenti les propos du chef de l'opposition, sans le citer lui non plus.

"Combien y a-t-il eu de mosquées fermées pour motif de radicalisation au cours des dix dernières années? Aucune, absolument aucune", a rétorqué Bernard Cazeneuve.

Et il a ajouté que quatre mosquées avaient été fermées ces dernières semaines.

"De telles mesures de fermetures de mosquées pour motif de radicalisation n'avaient jamais été prises auparavant, par aucun gouvernement, y compris en 2005 pendant l'état d'urgence" lié aux émeutes dans les banlieues, avait déjà assuré le ministre de l'Intérieur lors d'une déclaration place Beauvau pour commenter la vaste opération de police qui a visé une mosquée présentée comme salafiste à Lagny-sur-Marne.

Quand Nicolas Sarkozy était aux fonctions, il y a bien eu quelques fermetures de lieux de culte, c’est sans rapport avec la radicalisation. Et pour cause, la loi, avant l’adoption de l’état d’urgence, ne le permettait tout simplement pas, rappelle Libération.

"Nous serons d'une fermeté totale contre tous ceux qui prêchent la haine en France", a réaffirmé devant l'Assemblée Bernard Cazeneuve, assurant que 65 imams ou prédicateurs avaient été expulsés depuis mai 2012, dont 34 pour la seule année en cours. Contre 19 sous le mandat de Nicolas Sarkozy (2017-2012), a-t-il tenu à préciser.

Sur Europe 1, Nicolas Sarkozy avait dit qu'un "certain nombre" d'imams avaient expulsés pendant son mandat.

K. L.