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 Nouvelle semaine cruciale pour la grève contre la réforme des retraites

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De lundi à dimanche soir, des réunions de travail serrées en journées de mobilisation nationale, la France connaîtra une semaine décisive autour du projet de réforme des retraites.

"Il ne peut pas y avoir de crise cette semaine, mon agenda est déjà plein", disait plaisamment Henry Kissinger, secrétaire d'Etat américain dans les années 1970, qui a accumulé plus de bons mots que de bonnes fortunes sur la scène diplomatique. L'agenda des acteurs de la crise sociale française n'aura, lui, jamais été aussi plein que pour la semaine qui s'annonce.

Tandis que l'exécutif s'agrippe mordicus à son projet de réforme des retraites, les syndicats, relayant ici une majorité de la population française selon les sondages, continuent de lutter pied à pied contre la feuille de route gouvernementale. Mais ce duel, qui a inauguré ce week-end son second mois, entre désormais dans ses heures décisives.

Premier Conseil des ministres de 2020 et lundi de grève 

Un petit-déjeuner de travail, traditionnel, attend les ministres lundi au ministère de l'Intérieur. Après cette entrée en matière, les membres du gouvernement quitteront la table de la Place Beauvau pour se rendre à l'Elysée, quelques dizaines de mètres plus loin. Là, ils présenteront leurs vœux au président de la République puis tiendront le premier Conseil des ministres de l'année 2020.

À l'intérieur du "Château", ils ne pourront cependant pas ignorer la levée de vents contraires à leur projet au-dehors. Des appels à la grève ont été lancés pour lundi parmi les syndicats, les kinésithérapeutes, infirmiers et infirmières. Le deuxième syndicat de pilotes d'Air France doit aussi débrayer, rejoint par le SNGAF, organisation d'hôtesses et de stewards.

Les discussions reprennent mardi 

La deuxième journée de la semaine promet le même contraste entre affairements et protestation. La CGT a annoncé qu'elle comptait durcir le blocage des raffineries, des terminaux pétroliers et des dépôts. Le Premier ministre, Edouard Philippe, se déplacera quant à lui au ministère du Travail pour y discuter avec les syndicats.

Au préalable, un communiqué de Matignon précisait: "Muriel Pénicaud, ministre du Travail, Agnès Buzyn Ministre des Solidarités et de la Santé, Laurent Pietraszewski, Secrétaire d’État auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé, chargé des retraites et Olivier Dussopt, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Action et des Comptes publics, recevront le 7 janvier les partenaires sociaux pour lancer les travaux relatifs à la pénibilité et à la gestion des fins de carrière". 

Quatre grands axes ont été fixés à ce rendez-vous par ce même texte: "partager les impacts sur l’évolution des seuils relatifs à la pénibilité, renforcer les actions en matière de prévention de la pénibilités, construire des dispositifs de reconversion pour les salariés exposés longtemps à la pénibilité" et "construire une stratégie globale pour le maintien dans l’emploi des seniors". 

Jeudi, le grand rendez-vous des syndicats 

Grande marée ou ressac? C'est la grande question à laquelle les opposants à la réforme des retraites telle qu'elle est envisagée par le gouvernement répondront jeudi, à l'occasion d'une nouvelle journée de manifestation organisée par l'intersyndicale CGT, FO, CFE-CGC, Solidaires et FSU. La dernière mobilisation nationale, emmenée par une coalition syndicale pour une fois unitaire, remonte au 17 décembre. Les partenaires sociaux auront donc à cœur de se compter et de produire une impression similaire à celle laissée par les défilés du 5 décembre dernier, qui avaient fait marcher 806.000 personnes selon le ministère de l'Intérieur et 1,5 million d'après la CGT. Durant les fêtes, il faut noter que les syndicats ne se sont pas refroidis, multipliant les démonstrations plus circonscrites, parvenant souvent à rassembler plusieurs milliers de personnes lors de cette période pourtant peu favorable. 

Évoquant la journée de jeudi ce samedi sur notre antenne, Laurent Brun, secrétaire général de la CGT Cheminots, a posé:

"Nous pensons que nous allons réussir à remobiliser malgré le fait que nous sommes dans la cinquième semaine de grève."

Un week-end plein d'enjeux 

L'intersyndicale à la manœuvre jeudi renouvellera son effort deux jours plus tard. Il s'agira à nouveau de tenter de faire le nombre dans les rues samedi afin d'accroître la pression sur le gouvernement et de maintenir une bonne dynamique auprès de l'opinion.

Robin Verner