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Municipales: pourquoi Édouard Philippe jouerait gros en étant candidat au Havre

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Une victoire dans la sous-préfecture de Seine-Maritime renforcerait considérablement l'assise du Premier ministre, mais a contrario, une défaite pourrait avoir raison de sa place à la tête du gouvernement.

Le moment "n'est pas encore venu" de se déclarer - ou non - candidat à la mairie du Havre, indiquait Édouard Philippe dans un entretien à La Croix paru vendredi. Mais il répondra à cette interrogation "le moment venu". Et cela ne devrait plus tarder: selon Le Monde, le chef du gouvernement devrait sortir du bois avant la fin janvier. La date limite des dépôts des candidatures en vue des municipales de mars a été fixée au 27 février, à 18 heures. 

Édouard Philippe a occupé le fauteuil de maire du Havre de 2010 à son entrée au gouvernement, en 2017. Et malgré son départ pour Matignon, le Premier ministre ne manque pas une occasion de rappeler son enracinement normand. Au campus d'été de La République en marche en septembre dernier, il avait par exemple déclaré que "(ses) tripes (avaient) un goût d'eau salée" et que s'il devait être candidat aux municipales, ce serait naturellement dans la sous-préfecture de Seine-Maritime. 

Renforcer sa légitimité par le suffrage

Sera-t-il effectivement candidat? Et si tel est le cas, sera-t-il tête de liste? Vendredi, la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye confiait sur BFMTV qu'elle ne serait "pas très étonnée d'un choix éventuel d'attachement qu'il pourrait faire vis-à-vis de cette ville". 

"La légitimité de Jean-Michel Blanquer, c’est d’être reconnu par les enseignants, de Muriel Pénicaud d’avoir une réputation de super DRH, d’Agnès Buzyn d’être estimée comme un très bon médecin. La légitimité d’Edouard Philippe, c’est d’être élu par des électeurs", analysait auprès de L'Opinion un collaborateur du Premier ministre, fin septembre. 

Une défaite qui pourrait coûter cher

Édouard Philippe aurait donc beaucoup à gagner en empochant une victoire en Normandie, mais a contrario beaucoup à y perdre en actant une défaite. Un échec pourrait être interprété comme un désaveu de sa politique, même si Emmanuel Macron assure qu'il ne tirera pas de "conséquences nationales" du scrutin printanier.

Si la victoire est espérée, elle n'est pas acquise, dans cette ville qui constitue l'un des bastions de la contestation contre la réforme des retraites, portée par le même Édouard Philippe... Le port de commerce a été bloqué par des syndicalistes de la CGT Dockers et la cérémonie à la mairie des vœux aux personnalités a été interrompue le 10 janvier par des manifestants.

Qu'à cela ne tienne, Édouard Philippe était l'"invité surprise de la cérémonie des vœux aux associations patriotiques au Havre" le 17 janvier dernier, titrait le quotidien Paris-Normandie. Vendredi, il sera dans "sa" ville pour un meeting destiné à lancer la campagne des municipales, indique L'Opinion. Autant de petits cailloux semés, qui semblent dessiner une voie déjà toute tracée.

Clarisse Martin