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François Bayrou dénonce le "système Sarkozy-Balkany"

Silencieux depuis plusieurs semaines malgré les attaques répétées de Nicolas Sarkozy et de ses proches, le patron du MoDem est sorti du silence et a lâché ses coups. Selon lui, le camp de l'ancien président de la République "a peur" de lui car il défend "l'honnêteté en politique".

Malmené par Nicolas Sarkozy à longueur de meetings, François Bayrou a répliqué jeudi sur BFMTV et RMC. "Entre le système Sarkozy, Balkany et moi, il y a une incompatibilité de valeurs", a tranché le patron du MoDem, soutien revendiqué d'Alain Juppé dans la primaire de la droite et du centre. Au coeur des attaques sarkozystes, le vote accordé en 2012 à François Hollande face au président sortant. Mais François Bayrou a une autre explication:

"Si Nicolas Sarkozy et ceux qui le suivent - des gens qui savent ce qu'ils font - m'attaquent avec une assiduité profonde c'est parce qu'ils ont peur de quelque chose. Peur, car ils savent que mon principal combat c'est l'honnêteté en politique, je ne laisserai jamais passer un certain nombre de leurs pratiques". 

Balkany, Lagarde...

"La question de l'honnêteté en politique a été utilisée par Donald Trump contre Hillary Clinton et a joué un grand rôle" dans le succès du Républicain, pointe François Bayrou avant de revenir à Nicolas Sarkozy et son clan. Tour à tour, l'ancien candidat à la présidentielle évoque un meeting à Neuilly où Patrick et Isabelle Balkany se tenaient tout sourire au premier rang malgré leurs mises en examen multiples, notamment pour fraudes fiscales mais aussi l'affaire dite Tapie

"Madame Lagarde va être traduite devant le Cour de justice de la République à cause de l'affaire nommée à tort 'affaire Tapie'. Il en a été le bénéficiaire mais pas le coupable. Est-ce que quelqu'un se pose la question de savoir sous l'injonction de qui Mme Lagarde a participé à cette escroquerie en bande organisée?"

... Dati et des valises de billets

François Bayrou évoque aussi les propos de Rachida Dati qui a accusé sur BFMTVà la suite de la révélation d'un SMS par Mediapart , "Brice Hortefeux de s'être fait payer en liquide pour organiser des entrevues avec le Président de la République (Nicolas Sarkozy, ndlr)." Rachida Dati accuse aussi Bernard Squarcini (ex-patron de DGSI, ndlr) d'avoir monté un complot pour la liquider" politiquement, détaille-t-il. Enfin, François Bayrou revient sur "un ambassadeur, proche du pouvoir, appréhendé Gare du Nord à Paris avec 350.000 euros en liquide dans une valise" en 2013.

Les Sarkozystes "savent que si j'ai la moindre influence - tout ce que je dis est prouvé, ce sont des faits - dans les années qui viennent je n'accepterai pas que de telles pratiques se poursuivent", assène François Bayrou. Quant à son silence face aux attaques il explique:

"D'abord je n'aime pas le pugilat (...) qui donne à la politique un tour systématiquement méprisable. (...) J'aime la noblesse du combat sur le fond".

Un duel Sarkozy-Le Pen "pas joué d'avance"

En retard sur Alain Juppé dans la campagne de la primaire à droite, Nicolas Sarkozy passe "par le chemin perpétuel de la division", accuse François Bayrou. "Et pour moi, celui divise son pays est malfaisant", lâche-t-il.

Voterait-il pour l'ancien chef de l'Etat en cas de duel LR-FN en 2017? "C'est un des cas de figure, en raison de la violence que Nicolas Sarkozy exprime, où l'issue du scrutin ne serait pas joué" d'avance. Mais, "je souhaite de toute mes forces que cette hypothèse désastreuse ne se présente pas" expose François Bayrou avant de concéder qu'il "ne votera pas Marine Le Pen. Je prendrai mes responsabilités". Pas certain que cela suffise à apaiser Nicolas Sarkozy et son clan. 

S.A.