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Bayrou: "On ne parle que du FN, Marine Le Pen doit se frotter les mains"

François Bayrou, président du Mouvement Démocrate et maire de Pau, était jeudi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Invité jeudi matin sur BFMTV et sur RMC, François Bayrou est revenu d'abord sur l'attentat perpétré mercredi en Tunisie, qui a fait 19 morts dont 2 Français. "C'est un concentré de haine contre la démocratie qui peu à peu s'est bâtie en Tunisie". Cet attentat vise "à abattre son économie", selon le président du MoDem.

"Ce qui s'est passé en Libye, la création d'un chaos complètement immaîtrisé, une intervention sans vision de l'avenir" a joué un rôle dans la destabilisation de la région, juge François Bayrou. "Kadhafi n'est pas ma tasse de thé (mais) l'intervention militaire de la France (en Libye) a créé un chaos qui a fait se répandre dans toute cette région des milliards de dollars d'armes qui ont essaimé dans tous les milieux". Cette situation "n'a pu qu'aggraver la totalité des conflits dans cette région", estime le maire de Pau.

Contre une intervention militaire en Syrie

Ainsi, François Bayrou estime que la France a bien fait de ne pas intervenir militairement en Syrie, contre le régime de Bachar al-Assad, et y reste "absolument opposé".

Faut-il discuter avec Bachar al-Assad? "Il faut que nous ayons une diplomatie française active dans cette région". Aujourd'hui, "ce qui est essentiel et urgent, c'est la lutte contre Daesh, contre le fondamentalisme terroriste qui essaie de prendre le contrôle de toute une région du monde". François Bayrou rappelle s'être opposé à la venue de Bachar al-Assad à Paris, alors qu'il était invité par Nicolas Sarkozy à venir "présider" le défilé du 14-Juillet. "Ce n'était pas rien. Dans le même temps ou presque, Kadhafi était invité à l'Elysée avec sa tente de toile. Tout cela était extrêmement choquant", juge François Bayrou.

Conséquence des attentats de janvier en France, le gouvernement présente un projet de loi sur le renseignement, dont la Cnil (Commission nationale informatique et libertés) craint qu'il soit trop intrusif dans la vie privée. "Vous ne pouvez pas lutter contre le terrorisme en étant uniquement sans aucun contrôle de personne. Vous avez besoin d'armes à la hauteur de la menace", justifie François Bayrou. "On a besoin de pouvoir surveiller les dérives. Je suis pour qu'on leur donne les moyens (aux services de renseignement, Ndlr)".