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La Libye de Kadhafi un an après sa mort

Graffiti de Mouammar Kadhafi, à Syrte, le 13 octobre 2012.

Graffiti de Mouammar Kadhafi, à Syrte, le 13 octobre 2012. - -

7 JOURS BFM - A l'occasion des un an de la mort de Mouammar Kadhafi, BFMTV s'est rendu à Syrte, en Libye, la ville où le colonel a été tué. Avant la diffusion sur BFMTV et BFMTV.com de leur reportage, samedi à 18h dans le cadre de "7 jours BFM" le nouveau magazine d'actualité de BFMTV, les journalistes ont raconté en avant première ce qu'ils ont vu.

En Libye, la révolution a pris fin il y a un an, à Syrte. Le 20 octobre dernier, le colonel Kadhafi était tué dans les faubourgs de sa ville natale qui lui est restée fidèle jusqu’au dernier moment. Voilà pourquoi nous avons décidé de passer sept jours à Syrte, du 3 au 10 octobre dernier.

En arrivant à Syrte, notre première impression a été celle d’une ville détruite. Ici, presque tous les immeubles portent les stigmates de la guerre et des bombardements. En deux mois, plus de 5.000 maisons ont été endommagées.

Au détour d’une rue, nous rencontrons trois personnes en train de prier. Hassan nous explique qu’il vient tous les vendredis, ici, rendre hommage à Ali. Son fils qui est mort dans un bombardement de l’Otan. Hassan nous emmène. Il veut nous montrer son quartier, le "District 2". C’est ici que Kadhafi s’est caché dans les derniers jours de sa fuite.

"La nuit, on a peur de sortir"

Ses voisins nous interpellent. Ici, la guerre a donné à tout le monde, une histoire à nous raconter. Mais aussi beaucoup d’inquiétudes sur l’avenir de la Libye : "Ce qui nous préoccupe le plus c’est la reconstruction mais surtout la sécurité. La nuit, on a peur de sortir."

Effectivement, Syrte change de visage la nuit. Dès la tombée du jour, nous entendons de nombreux tirs de roquettes et d’armes automatiques. Difficile de savoir quand il s’agit d’affrontements et quand il s’agit de tirs pour célébrer les mariages, une tradition ici.

Dans les rues, nous avons aussi rencontrés les membres des Katibas, ces milices qui assurent la sécurité. Elles se divisent le territoire. L’une d’elle gère l’hôpital. Une autre contrôle la prison. Le directeur de cette prison nous a expliqué comment ses hommes arrêtent les habitants suspectés de consomme"r de la drogue et de l’alcool. Nous avons rencontré les prisonniers. Pendant leur séjour derrière les barreaux, leurs geôliers les forcent à prier et à étudier le Coran, pour les "rééduquer", nous ont-ils expliqué.

Difficile réconciliation

Impossible, sous l’ancien régime, une radio privée a été créée et diffuse maintenant des émissions de libre-antenne. Nous avons suivi Ali, un jeune étudiant en mécanique le jour et animateur radio la nuit. Son but : la réconciliation.

Mais quand une roquette s’est écrasée sur le bâtiment voisin de la radio, à la fin de son show, nous avons compris que ce chemin vers la réconciliation, entre partisans de la révolution et partisans de l’ancien régime, serait encore très long.