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Marion Maréchal-Le Pen: "Nous n'avons rien de commun avec Jean-Luc Mélenchon"

Marion Maréchal-Le Pen (photo d'illustration)

Marion Maréchal-Le Pen (photo d'illustration) - Anne-Christine Poujoulat - AFP

Au moment même où le FN espère recruter une partie des électeurs de Jean-Luc Mélenchon pour grossir les rangs de Marine Le Pen au second tour, la députée du Vaucluse insiste au contraire sur ce qui sépare les deux candidats.

Comme un air de déjà vu. Dans une interview à l'hebdomadaire Famille Chrétienne publiée lundi, Marion Maréchal-Le Pen prend une nouvelle fois ses distances avec la ligne officielle du Front national. La députée du Vaucluse rappelle avec insistance que le FN n'a rien à voir avec Jean-Luc Mélenchon, dans un contexte d'entre-deux tours où Marine Le Pen et Florian Philippot tentent justement de rallier des mélenchonistes en vue du 7 mai.

Interrogée sur les difficultés du FN à s'attirer le vote des catholiques, Marion Maréchal-Le Pen appelle les électeurs à ne pas "s'en tenir aux caricatures qui sont faites" à propos du parti. Elle en profite pour faire une mise au point.

"Le programme de Marine Le Pen n'est pas celui de Jean-Luc Mélenchon! Nous n'avons rien de commun avec lui, à part l'analyse qu'il a pu avoir sur la guerre en Syrie. Nous pouvons lui reconnaître qu'il a été beaucoup plus équilibré que d'autres sur ce sujet", déclare la nièce de Marine Le Pen. 

"Beaucoup d'électeurs" de Mélenchon peuvent voter Le Pen

"Il y a peut-être une partie du constat qui est partagé, mais les solutions sont radicalement différentes", explique-t-elle ensuite, sur la critique commune de l'Union européenne émise par les deux candidats. 

"La vision de la société que nous proposons n’a rien à voir avec celle de Jean-Luc Mélenchon, si ce n’est de vouloir une économie protégée, et lutter contre la financiarisation. A part ça, Jean-Luc Mélenchon est le chantre de l’immigration, même s’il a pris quelques précautions à la marge! Avec lui, c’est le triomphe du laxisme et du multiculturalisme", insiste l'élue frontiste, qui a visiblement à cœur de rappeler ces antagonismes.

Mardi, Florian Philippot a estimé que "beaucoup d'électeurs" de Jean-Luc Mélenchon pourraient voter pour la candidate d'extrême droite au second tour, tout en réfutant une proximité avec le mouvement du candidat de La France insoumise. 

"Non, il n'y a pas de proximité, on l'a bien dit avant le premier tour, mais je crois que, pour ses électeurs, il y a beaucoup de Françaises et de Français qui n'accepteront pas que ce soit un ancien ministre ultralibéral de Hollande qui dirige la France et qui feront plutôt un choix souverainiste", a déclaré le numéro 2 du parti.

"L'avenir en commun, c'est aussi avec Marine"

Depuis mardi, un tract circule parmi certains sympathisants et candidats frontistes, qui met en avant les similitudes de programmes entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.

"L'avenir en commun, c'est aussi avec Marine. Insoumis, ne vous trompez pas de combat", a par exemple écrit une candidate aux législatives en publiant le document sur sa page Twitter.

Dans Famille Chrétienne, Marion Maréchal-Le Pen reconnaît elle aussi, malgré tout, compter sur les électeurs de Jean-Luc Mélenchon. "Nous nous adresserons à tous les Français, y compris à ses électeurs mais pas en leur disant 'Jean-Luc Mélenchon – Marine Le Pen: même combat'! Nous nous adresserons à eux en restant ce que nous sommes", affirme la députée, résumant avec cette formule le jeu difficile auquel se livre le FN dans cet entre-deux tours. "Ils peuvent trouver satisfaction dans notre doctrine, qui remet l’homme au cœur de l’économie", résume Marion Maréchal-Le Pen.

Pour le second tour, le FN compte sur les voix de certains électeurs de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi de François Fillon et, dans une moindre mesure, de Nicolas Dupont-Aignan, qui doit annoncer cette semaine son positionnement, alors que Jean-Luc Mélenchon a lancé une consultation de ses partisans. 

"Un grand nombre d'électeurs, parmi l'électorat qui s'est porté sur MM. Fillon, Dupont-Aignan et même Mélenchon, sont sensibles à une ou plusieurs des thématiques que nous développons. C'est parmi cette masse électorale (...) que nous avons d'énormes marges de progression", estime Nicolas Bay dans une note interne sur les législatives, dont le contenu a été rapporté par l'AFP.

Charlie Vandekerkhove