BFMTV

Liste gilets jaunes: Bernard Tapie est-il plus qu'un "soutien moral"?

Bernard Tapie lors d'une conférence à Liège.

Bernard Tapie lors d'une conférence à Liège. - Emmanuel DUNAND / AFP

Le nom de Bernard Tapie revient beaucoup ces temps-ci dans l'actualité des gilets jaunes. Chez certains, le nom de l'homme d'affaires soulève réserves et doutes. Mais parmi les membres de la liste aux européennes, on salue un opportun "soutien moral".

Depuis quelques heures, l'hypothétique implication de Bernard Tapie auprès de la liste de gilets jaunes aux européennes fait débat. Ce jeudi, Benjamin Cauchy, gilet jaune bien connu de Haute-Garonne, disait à la télévision voir "l'ombre de Bernard Tapie" nimber l'équipe de manifestants attelés pour le scrutin. Sur notre antenne, il développait: 

"Bernard Tapie est derrière cette liste. Les gilets jaunes ont bien été accueillis par Bernard Tapie parmi les rotatives de La Provence. Donc la question que je me pose, c’est est-ce que Balkany et monsieur Cahuzac seront également sur cette liste?"

"Soutien moral" 

A la mi-décembre, l'ex-ministre de la Ville, devenu patron de presse, avait en effet proposé à des gilets jaunes des locaux de sa Provence comme lieu de réunion. Et l'offre a été saisie, comme l'a rappelé ce vendredi matin sur notre chaîne, Ingrid Levavasseur, cheffe de file de la liste gilets jaunes: "Il nous a prêté le local de La Provence pour qu’on puisse se réunir, ça s’arrête là. Il ne donnera pas un centime. Soutien logistique? Si on obtient des locaux pour nous réunir tant mieux mais on n’attend pas après lui pour nous les fournir. On fait un appel aux dons, pas de cagnotte car nous n’avons pas le droit en tant que parti."

Quant aux mots qu'elle utilise pour définir le rôle de celui qui fut le patron de Bernard Hinault comme de Jean-Pierre Papin, ils sont les suivants: "Bernard Tapie est un soutien moral."

Les mots de l'intéressé

Bernard Tapie n'aurait donc rien à retirer de cette nouvelle politique? Les gilets jaunes l'ont en tout cas intéressé au point de le sortir de sa (quasi) retraite médiatique, exigée par le cancer contre lequel il se bat. Après s'être dit "touché personnellement" par les manifestants face à notre journaliste Ruth Elkrief, il a détaillé sur le plateau de C à vous sur France 5 le 18 janvier dernier:

"J’ai été sensible à leur souffrance. Ce sont des gens qui ont eu le sentiment qu’ils ne comptaient pas, que la République s’était plus ou moins passée d’eux."

Enfin, il a livré son analyse de la situation: "Dans un premier temps, ils ont décidé de ne plus voter (…) Et puis, ils ont vu un nouveau qui a balayé tous les anciens, les responsables, selon eux, de la situation, et là ils ont dit: ‘ça y est!’ et puis ça n'y est pas."

Robin Verner