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Xavier Bertrand: "Je n'aurais pas voté l'abolition de la peine de mort"

Xavier Bertrand, président Les Républicains (LR) du conseil régional des Hauts-de-France, le nouveau nom de la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, est ce jeudi matin l'invité de Jean-Jacques Bourdin sur BFMTV et sur RMC.

Invité jeudi matin sur BFMTV et RMC, Xavier Bertrand réclame "des actes durs" contre les terroristes, après les attentats à Bruxelles, parce que "ça sera eux ou nous, alors c'est eux qu'il faut exterminer, en se donnant tous les moyens de droit pour le faire (...). Il s'agit de nous protéger et de protéger nos enfants. Ca fait longtemps qu'on a détourné le regard. Je n'ai pas envie que mes enfants grandissent en baissant la tête ou en ayant peur", martèle Xavier Bertrand.

"Dans certains quartiers, il y a des caches d'armes, il y a un trafic de drogue qui alimente aussi en partie ces dérives terroristes, sauf qu'aujourd'hui, on n'y va pas", affirme le président des Hauts-de-France. "Le port de la burqa est interdit en France. La loi a été votée. Une loi votée c'est bien, une loi appliquée partout c'est mieux. On sait pertinemment que des consignes sont données aux forces de l'ordre pour ne pas forcément verbaliser parce qu'il y aurait des affrontements. Il vaut mieux avoir des affrontements au nom de l'ordre républicain pour faire respecter nos valeurs, plutôt qu'un jour d'avoir des risques terroristes. (Mais) ne faisons pas d'assimilations, ce sont deux choses différentes, je vous donne l'exemple d'une loi qui n'est pas appliquée".

"Qu'ils se réveillent"

"Europol, Frontex, ce sont les armées européennes pour lutter contre le terrorisme, ce sont des armées sans soldats et sans moyens. Qu'est-ce qu'on attend pour mettre un milliard d'euros?" Xavier Bertrand plaide pour "une vraie coopération européenne. Qu'ils se réveillent au niveau européen, qu'ils prennent les décisions, en pensant que ce n'est pas le problème de l'autre, là où s'est produit un attentat. Aujourd'hui c'est la Belgique, hier c'était la France. Ca ne s'arrêtera jamais tant que nous ne les aurons pas mis hors d'état de nuire, là-bas et ici".

Xavier Bertrand réclame davantage de moyens dans la lutte antiterorriste. "Il faut investir massivement dans le renseignement, dans des moyens technologiques mais aussi dans le renseignement humain, des hommes et des femmes capables de comprendre, d'analyser ce qu'il se passe. Il nous faut une offensive républicaine".

Pour une perpétuité réelle

Le président de la région Hauts-de-France rejoint Nathalie Kosciusko-Morizet lorsqu'elle réclame l'application d'une peine de prison à perpétuité réelle pour les terroristes: "J'y crois depuis longtemps, mais pas seulement pour les terroristes". "Quand il y a eu le débat sur la suppression de la peine de mort (abolie en 1981, Ndlr), à l'époque, si j'avais été député, je crois que je n'aurais pas voté l'abolition de la peine de mort".

"Aujourd'hui, avec le recul, je pense que supprimer la peine de mort a du sens à une condition: ceux qui étaient susceptibles de relever de la peine de mort ne doivent jamais sortir de prison", poursuit Xavier Bertrand, qui plaide pour une peine de réclusion à perpétuité réelle. "Ca ne supporte pas le moindre aménagement. A partir du moment où il n'y a plus la peine de mort, vous le (le terroriste, Ndlr) mettez définitivement à l'écart pour protéger la société".