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Primaire à droite: Juppé et Fillon exaspérés par les attaques de Le Maire

Alain Juppé et François Fillon lors du deuxième débat de la primaire à droite.

Alain Juppé et François Fillon lors du deuxième débat de la primaire à droite. - Eric FEFERBERG / POOL / AFP

Bruno Le Maire, quatrième dans les sondages, tente de rattraper son retard en attaquant ses adversaires de la primaire à droite, Alain Juppé et François Fillon en tête. Cette stratégie exaspère les deux hommes, qui ne se privent pas pour le lui faire savoir.

"Il perd les pédales". Quatrième dans les sondages pour la course à la primaire de la droite, Bruno Le Maire n'hésite pas, pour espérer gagner des voix, à s'en prendre frontalement à ses adversaires. Sur BFMTV, il avait notamment qualifié de "Boys band politique des années 90" le quatuor Sarkozy, Juppé, Fillon et Bayrou. Si Nicolas Sarkozy reste relativement discret sur les attaques qu'il subit lui aussi, Alain Juppé et François Fillon ne cachent pas leur exaspération. Ils lui ont adressé plusieurs avertissements.

Comme le rapporte L'Opinion ce lundi, une violente altercation a ainsi eu lieu entre le maire de Bordeaux et l'ancien ministre de l'Agriculture dans les coulisses du deuxième débat de la primaire, diffusé sur BFMTV et iTélé.

"Il n'y aura pas de troisième fois!"

Lors de ce débat, Bruno Le Maire a reproché en particulier à Alain Juppé son soutien à l'envoi de troupes françaises sur le sol libyen. Mais il ne s'est pas arrêté là.

"Je demande à nos téléspectateurs d’imaginer en mai 2017 qui sera le plus à même de (...) faire rêver nos enfants: est-ce que c’est un visage qu’ils ont déjà connu depuis trente ou quarante ans sur la scène politique française, ou est ce que c’est un visage neuf? ", a-t-il ensuite glissé en guise de conclusion.

"Il devient méchant"

Lors du premier débat, le 13 octobre, il s'en était déjà pris frontalement à lui, en proposant la publication de son casier judiciaire par chaque candidat. Le maire de Bordeaux, condamné en 2004 dans l'affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris, s'est forcément senti visé. Sa colère a donc éclaté ce soir-là salle Wagram: "Il n'y aura pas de troisième fois!" a-t-il prévenu, Bruno Le Maire confiant quelques instants plus tard à des proches "Alain n'était pas content."

François Fillon, qui s'est imposé comme troisième homme dans la course à la primaire, déplore lui aussi les attaques dont il fait les frais. "Il perd les pédales, il devient méchant", explique-t-il à L'Opinion. L'ancien Premier ministre a particulièrement mal digéré les propos de Bruno Le Maire dans une interview à Valeurs actuelles.

"François Fillon et Nicolas Sarkozy avaient promis la baisse des impôts. Ils les ont augmentés de 22 milliards. Ils avaient promis de baisser la dette. Ils ont laissé une ardoise de 600 milliards d’euros derrière eux. Ils avaient promis de réduire les déficits et ils les ont augmentés. Idem pour le chômage", a martelé le député de l'Eure.

Charlie Vandekerkhove