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Primaire de la droite: ce qu'il faut retenir du deuxième débat

Les candidats face aux journalistes lors du deuxième débat de la primaire de la droite et du centre.

Les candidats face aux journalistes lors du deuxième débat de la primaire de la droite et du centre. - Capture d'écran BFMTV

Les sept candidats en lice pour l'investiture de la droite et du centre pour la présidentielle de 2017 s'affrontaient ce soir dans un deuxième débat.

Ce 3 novembre, les sept prétendants à l’investiture de la droite et du centre pour la présidentielle 2017 se rencontraient pour un deuxième débat. Fonction présidentielle, délinquance, lutte contre le terrorisme, géopolitique, éducation…les sujets abordés ont été nombreux. Voilà les principaux points à retenir.

Sécurité: un tour de vis général

Au centre des critiques de tous les candidats, la baisse du nombre d’effectif dans les forces de l’ordre sous le mandat présidentiel de Nicolas Sarkozy. Si ce dernier l’assume désormais et le justifie par la crise financière, plusieurs de ses rivaux veulent revenir sur ce choix. Alain Juppé propose la création de "5.000 postes supplémentaires". Jean-François Copé va dans le même sens mais annonce "50.000 embauches de policiers, gendarmes, magistrats et gardiens de prison." Nathalie Kosciusko-Morizet a, quant à elle, déploré que "policiers et gendarmes n’aient pas les mêmes droits".

Bruno Le Maire a lui plaidé pour une "justice d’exception" permettant aux juges d’interpeller et d’expulser tout terroriste "s’apprêtant à passer à l’acte". L’ancien président a aussi dégainé ses phrases-chocs: "L’Etat de droit est là pour protéger les victimes pas les coupables." Il aussi évoqué l’extension de la notion de légitime-défense (la mesure a d'ailleurs fait consensus ce soir) pour les policiers et l’abaissement de la majorité pénale à seize ans.

Education: Nathalie Kosciusko-Morizet, seule à défendre le collège unique

Abordant ensuite le thème de l’éducation, Nicolas Sarkozy s’est surtout penché sur les premières années à l’école. Il a notamment avancé la proposition suivante: pas question pour un élève de quitter le CP sans savoir lire et écrire. 

Seule dans l’arène à occuper cette position, Nathalie Kosciusko-Morizet a tenu à déclarer sa volonté de sauvegarder le collège unique. Un point qu’elle ne partage pas avec Bruno Le Maire qui a mis en avant une ligne plutôt traditionnelle au chapitre de l’instruction:

"L'idée d'un rendez-vous républicain avec Marseillaise, uniforme et lever de drapeau, c'est une manière de réfléchir à la cohésion".

François Fillon, ancien ministre de l’Education nationale, était particulièrement attendu sur ce sujet. Il a commencé par juger la situation de l’école "catastrophique" et a prôné une plus grande "autonomie des écoles".

Jean-François Copé a mis les rieurs de son côté en donnant son sentiment sur ce thème à son tour: 

Vers un mandat unique

Tous les candidats se sont engagés à respecter le verdict de la primaire et à soutenir son vainqueur. En s'imaginant dans la peau de celui-ci, Nicolas Sarkozy a assuré qu'il ne se représenterait pas en 2022: "J'aurai 67 ans à la fin de ce second mandat, si par hypothèse les Français me le confiaient. Ce serait le temps de remercier la France pour toutes ces années consacrées à son service."

Cette mention de son âge à la fin de cet hypothétique mandat sonne comme une attaque contre Alain Juppé, aujourd'hui âgé de 71 ans. 

La question des alliances

La question des alliances a aussi retenu les débatteurs. Cette primaire de la droite et du centre a dû prendre à bras le corps le cas François Bayrou. Autour de cette personnalité, dirigeante du Modem, le torchon brûle entre Alain Juppé et Nicolas Sarkozy. Il faut dire que l’inimitié du maire de Pau envers l’ancien président de la République est aussi connue que son soutien à l'ex-Premier ministre de Jacques Chirac.

Les candidats ont généralement balayé cette question tandis qu’Alain Juppé s’est étonné de "l’obsession" de Nicolas Sarkozy à l’égard de François Bayrou. Il a aussi assuré que le troisième homme de l’élection présidentielle de 2007 ne lui "avait rien demandé" en termes de poste et qu’il ne lui avait donc "rien promis" en retour.

Tous les prétendants ont en revanche pris leurs distances avec le Front national, y compris Jean-Frédéric Poisson dont des déclarations en faveur de la suppression du "cordon sanitaire" autour du parti de Marine Le Pen avait dernièrement créé la polémique.

Alain Juppé a d'ailleurs tracé une perspective alarmiste pour son camp en assurant que l'échec d'un nouveau quinquennat de droite amènerait, selon lui, Marine Le Pen à l'Elysée en 2022: "Si jamais nous nous plantions (...) malheureusement, ce sera peut-être le FN". 

Une soirée riche en attaques

La soirée a aussi été riches en piques, et formules plus ou moins bien aiguisées. Souvent attaqués par ses concurrents, Nicolas Sarkozy s’est montré particulièrement offensif à l’égard de ses anciens ministres ou anciens membres de sa majorité. Une dernière opposition a aussi attiré l’attention.

Alors que la conversation roulait sur la lutte contre l’Etat islamique, Bruno Le Maire évoque l’envoi de "troupes au sol" en Libye en 2011 alors qu’Alain Juppé était ministre des Affaires étrangères. Si des forces spéciales ont pu être envoyées en Libye, la France n’y a pas envoyé davantage de soldats. Alain Juppé a alors "taxé son assez mauvaise connaissance du dossier".

Alain Juppé jugé le plus convaincant par les téléspectateurs

Alain Juppé est de nouveau vu comme le plus convaincant du débat de la primaire à droite, comme lors de la première confrontation télévisée. Selon une étude d'Elabe sur un panel de téléspectateurs, le maire de Bordeaux a convaincu 34% des personnes ayant regardé le débat. Il devance Nicolas Sarkozy (24%) et François Fillon (15%). 

Robin Verner