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Nicolas Sarkozy veut "refonder la politique migratoire européenne"

Dans un entretien accordé au Figaro, le président de Les Républicains livre son plan pour répondre à la crise des migrants. Il appelle notamment à une refonte totale de Schengen. Ce qu'il faut en retenir.

Deux jours après les annonces de son successeur à l'Elysée, il rétorque. Nicolas Sarkozy a dévoilé quel serait "son plan" pour gérer l'actuelle crise des migrants, s'il était encore aux commandes de l'Etat, dans un entretien accordé au Figaro daté ce jeudi.

L'occasion de cogner une nouvelle fois sur François Hollande, deux jours après l'annonce de l'accueil de 24.000 migrants en France, et d'appeler à une refonte commune de "la politique migratoire européenne". Ce qu'il faut en retenir.

"La France a vocation à fixer son cap en Europe"

Il y a encore peu, le patron de l'opposition s'était déclaré contre la politique des quotas afin de pouvoir réguler l'arrivée des migrants en France. Son point de vue aurait-il évolué, à la suite des décisions prises par l'actuel gouvernement? "Non", tranche-t-il, "nous avons là une nouvelle illustration de l'absence de stratégie, de vision et d'autorité de François Hollande".

Selon l'ex-chef d'Etat, l'Hexagone n'est pas à sa place dans ce délicat débat, car "la France a vocation à fixer un cap en Europe et non pas à se retrouver à la traîne". Et de répéter son hostilité sur ces fameux quotas: "puisqu'il y a autant de politiques d'immigration que d'États membres de Schengen, fixer des quotas reviendrait à accepter chez nous des étrangers qui ne correspondent pas aux critères que nous avons fixés pour l'entrée sur notre territoire", a ajouté Nicolas Sarkozy.

François Hollande accusé de mentir

L'ancien président de la République a poursuivi en mettant en doute les chiffres avancés par celui qui l'a battu, au soir du 6 mai 2012.

"François Hollande ment quand il avance le chiffre de 24.000 réfugiés acceptés en France", a-t-il accusé. "

"Puisque la France garde des allocations sociales supérieures à celles de ses partenaires de Schengen, les réfugiés qui rentrent dans les autres pays de Schengen finiront inéluctablement chez nous", a encore déclaré le président de Les Républicains. "On voit bien que les quotas ne seraient acceptables qu'après l'adoption d'une politique migratoire européenne commune."

Trois flux migratoires "de nature différente"

L'ex-chef de l'Etat souhaite l'aménagement d'un "véritable statut provisoire de réfugiés de guerre, qui n'existe pas formellement aujourd'hui", avant d'affirmer qu'il existe actuellement "trois flux migratoires de nature différente qui appellent des réponses différenciées".

Il y a d'une part "les migrants économiques que la France n'a plus les moyens d'accueillir que de façon extrêmement limitée", d'autre part "les réfugiés politiques que nous avons toujours accueillis au nom de notre tradition humaniste qu'il serait inacceptable de modifier".

Le troisième flux sont "les réfugiés de guerre, obligés de fuir provisoirement leurs pays en voie de désintégration - c'est le cas de l'Irak ou la Syrie - que nous devons accueillir pour la seule période des conflits et qui ont donc vocation à rentrer chez eux une fois la paix rétablie. Ces derniers doivent être distingués des réfugiés" politiques.

Le retour de "Schengen II"

"Il ne faut pas réformer" la politique européenne sur l'immigration, "il faut la refonder", soutient-il, plaidant à nouveau pour "un Schengen II", mais, "naturellement, la liberté de circulation des Européens doit rester un principe intangible".

"Je suis pour le maintien du droit du sol et son adaptation", affirme-t-il également. Ainsi, "la présomption de nationalité" serait garantie pour un enfant né en France, mais l'Etat pourrait "s'y opposer dans des cas bien précis: si les parents sont en situation irrégulière au moment de la naissance, si l'intéressé s'est livré à des activités terroristes ou à des actes de délinquance..."

Jé. M.